France Inter a suivi les premiers grands débats dans plusieurs départements, ruraux, urbain, périurbain en Ille-et-Vilaine, dans le Gers, le Val d'Oise ou la Seine-et-Marne. À chaque fois, les participants sont venus, curieux, inquiets aussi et avec un grand besoin de changement. Essai de synthèse sans exhaustivité.

Des gilets jaunes de Fontainebleau (Seine-et-Marne) discutent avec des responsables LREM lors du grand débat de Saint-Thibault-des-Vignes. 23 janvier 2019.
Des gilets jaunes de Fontainebleau (Seine-et-Marne) discutent avec des responsables LREM lors du grand débat de Saint-Thibault-des-Vignes. 23 janvier 2019. © Radio France / Mathilde Dehimi

Besoin d’être écouté et besoin de se parler, c’est l’un des enseignements des premiers grands débats. Les Français veulent se réapproprier la res publica, la chose publique. 

Quelques jeunes assistent aux grands débats, des actifs et surtout des retraités y compris le dimanche. Certains se sont beaucoup mobilisés sur les ronds-points des "gilets jaunes". Ils sont concernés par la hausse de la CSG, un sujet qui ouvre souvent les prises de parole comme à Marciac, dans le Gers. Partout, les échanges sont respectueux et vont au-delà du diagnostic. Les gens ont préparé leurs interventions, ont griffonné leurs idées sur un calepin, un post-it ou un dossier de 40 pages.
 

Est-ce qu’en Ille-et-Vilaine, dans le Gers, en Seine-et-Marne ou dans le Val d’Oise on parle de la même chose ? 

Oui, il est nécessaire pour tous de changer les choses. Sans faire une liste à la Prévert, il y a un besoin profond d’équité, de justice et d'exemplarité. On demande plus de tranches d’impôt, le retour de l’ISF, plus de produits de première nécessité à TVA réduite… On sent aussi une vraie colère sur la fraude fiscale comme à Saint-Briac-sur-mer en Bretagne. On s'inquiète aussi de la fermeture des services publics. Mais à 700 km de là dans le Gers, on relève qu'on paie pour des services qui ont fermé depuis longtemps. Partout, on souhaiterait avoir une administration de proximité et moins de formulaires à remplir sur internet. 

C’est aussi une idée forte : cette grande défiance envers les politiques 

On demande à son maire plus de pédagogie et on loue son travail... Mais le lien est plus distendu avec les députés et sénateurs : ils sont "nombreux","loin de nous", "trop payés", "trop absents" aussi lors de vote-clef à l’Assemblée. À Saint-Thibault-des-vignes en Seine-et-Marne, le dialogue se noue finalement entre le député en Marche et deux "gilets jaunes". Ils ont voulu "jouer le jeu" disent-ils, contre l'avis de leur rond-point, mais comme beaucoup, beaucoup, de participants, ils doutent et redoutent les conclusions de ce grand débat. 

Qu'en est-il des questions qui ont fait polémique au lancement de ce grand débat ? 

Dans les quatre débats auxquels on a assisté, seulement une occurrence à l’immigration, une demande aussi de retour à la peine de mort bruyamment contestée… On parle vote blanc, s'interroge un peu sur le référendum d'initiative citoyenne, le RIC…  Rien où nous étions sur les 80 km/h, la taxe carburant ou le mariage pour tous…

Les débats sont-ils tous organisés pareil ? 

Non, faute de consigne, chacun s’est inventé un modèle avec un trait commun : l’organisateur, qu’il soit maire ou simple citoyen est très soucieux de rester neutre. Certains ont choisi de faire des groupes, d’autres de parler tous ensemble, Certains s'appuient sur le site officiel en critiquant des questions orientées. Ça tâtonne parfois, il manque du monde faute de communication, "on est trop habitué à quelque chose de très organisé par l’Etat" sourit un participant.

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