SOS Méditerranée, l'ONG qui sauve des migrants en mer, a été récompensée par l’Unesco mardi. Reportage à bord de son bateau de sauvetage, l'Aquarius.

Reportage à bord de l'Aquarius
Reportage à bord de l'Aquarius © AFP / CARLO HERMANN

Plus de 8 000 migrants ont été secourus au cours des dernières 48 heures en Méditerranée dans les eaux en face de la Libye, dont 5 000 lundi, selon les garde-côtes.

De nombreux navires des garde-côtes, des marines militaires impliquées dans le dispositif Frontex, l'agence européenne des frontières, et des ONG ont participé à ces opérations. Parmi les rescapés : 17 mineurs, deux bébés et 23 femmes dont 7 sont enceintes.

Des mineurs extrêmement fragilisés

On pense qu’ils viennent pour l’Europe, dans l’idée de travailler ou parce qu’ils fuient leur pays mais aujourd’hui beaucoup de migrants qui traversent la Méditerranée fuient la Libye, qui est le premier pays de leur choix pour immigrer.

Mais tous les témoignages concordent : un migrant, noir ou arabe, ne peut se promener dans les rues de Tripoli et d’ailleurs sans risquer de se faire, au mieux racketter, au pire kidnapper. Ceux qui sont enlevés sont réduits à l’esclavage, obligés de travailler, enfermer dans des prisons privées.

Mo, 16 ans, gambien, raconte ses huit mois de calvaire dans les geôles privées de Beni Walid :

Ils m’ont torturé. Ils m’ont suspendu par les jambes et m’ont frappé. J’ai reçu des décharges électriques. Ils ont tué une trentaine de personnes devant moi dont mon ami. Ma mère a mis cinq mois à rassembler les 8000 dinars pour me libérer

Le cas d'Ibrahim, 16 ans, de retour de l'enfer libyen, est particulièrement parlant.

Ils sont vivants : pour eux, c'est l'essentiel

Le sort de ceux qui sont enfermés dans les 42 centres de rétention officiellement recensés est à peine meilleur. Certains racontent les sévices des gardiens, les cellules surpeuplées, presque sans eau ni nourriture. Parfois, les geôles s’ouvrent, et certains sont vendus à des Libyens pour travailler de force.

Une famille de réfugiés, sauvée à bord de l'Aquarius
Une famille de réfugiés, sauvée à bord de l'Aquarius © Radio France / Mathilde Dehimi

Sur l’Aquarius, ils sont nombreux à ne pas savoir ce qu’ils vont devenir en Europe, beaucoup ignorent qu’ils resteront dans des centres, le temps d’examiner leur demande. Ils sont vivants, sauvés par l’équipage de SOS Méditerranée et de Médecins Sans Frontières. Bref, ils s sont vivants et ont fui la Libye.

Selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), 2 005 personnes sont mortes ou sont portées disparues depuis le début de l'année en tentant de traverser la Méditerranée.

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