20 ans après le RMI, le RSA, revenu de solidarité active, entre en vigueur lundi dans la métropole. Plus de 3 millions de foyers sont concernés, ceux qui touchent aujourd'hui le RMI, ou l'allocation de parent isolé - les montants ne changent pas - et des travailleurs pauvres qui toucheront un complément de revenu. Le RSA est expérimenté par 15 000 personnes dans 34 départements depuis un an - un an et demi. Le département de l'Eure a commencé dès juin 2007. Véronique Laporte élève seule deux adolescents et travaille comme agent de service à mi-temps dans une crèche (interview). Le RSA « expérimental » de l'Eure est pour certains plus intéressant que ne le sera le RSA dans sa version définitive. Oui ça marche, estime Janick Lesoeur, vice-présidente socialiste du conseil général, mais avec un bémol (interview). Le RSA est censé inciter les personnes à retrouver du travail. Quand une personne reprend un travail, les aides sociales baissent et elle peut perdre de l'argent. Le RMI avait déjà été aménagé pour permettre de cumuler salaire et prestations sociales. Ce dispositif, lié au RMI, est d'ailleurs plus avantageux que le RSA pour des personnes qui sont proches d'un SMIC à temps plein, mais il ne dure qu'un an, alors que le RSA ne sera pas limité dans le temps. Autre élément essentiel, l'accompagnement des personnes. Il sera assuré en partie par Pôle emploi, aujourd'hui débordé, et en partie par les départements, qui travaillent depuis longtemps sur l'insertion, avec des résultats mitigés. Au vu des expérimentations, le RSA permet-il de retrouver plus facilement du travail ? Avec la crise... non. C'est ce qu'a constaté le comité d'évaluation. Mais pour son président, Philippe Bourguignon, directeur de l'école d'économie de Paris, malgré pas mal d'incertitudes statistiques, il y a un effet RSA (interview). Philippe Avez dirige l'association C2DI qui a participé à l'expérimentation du RSA à Aulnay-sous-bois en Seine-Saint-Denis. Ce qu'il craint lui, c'est que le RSA ne soit qu'un pansement sur la précarité du marché du travail (interview). Le RSA, peut-être pas un remède miracle pour l'emploi, mais une aide appréciable, avec laquelle plusieurs centaines de milliers de travailleurs vont mécaniquement dépasser le seuil de pauvreté. 880 euros pour une personne seule. Un reportage signé Sara Ghibaudo.

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