Dans les jours qui viennent les salariés de General Electric à Belfort devraient connaître l'ampleur du plan de suppressions de postes dans la branche Energie. Des rumeurs évoquent jusqu'à un millier d'emplois en moins. En attendant le couperet, syndicats et élus locaux se mobilisent pour tenter de limiter la casse.

Manifestation des salariés de General Electric à Belfort le 21 mai dernier
Manifestation des salariés de General Electric à Belfort le 21 mai dernier © Radio France / Faustine Calmel

Ils étaient 500 la semaine dernière à accompagner la sortie d'usine d'une turbine à gaz, en convoi exceptionnel. Une action symbolique, avec beaucoup d'émotion pour Eric qui travaille depuis des mois sur cette machine : "pour toutes les machines qui sortent de l'usine c'est une fierté" avoue cet ingénieur qui travaille chez GE depuis plus de 15 ans. 

On sait que ces machines sont passées aux essais avec brio, que nos clients sont satisfaits. Les gens sont de très bons professionnels à Belfort, il faut montrer que l'on a encore une industrie qui peut réussir.

800 à 1.000 suppressions de postes attendues

Malgré cette fierté et ces compétences reconnues, un plan social plane sur la branche énergie de General Electric et l'usine rachetée à Alstom en 2015. Depuis le mois de mars, des chiffres circulent, entre 800 et 1.000 emplois supprimés. Il faut dire que le groupe fait face à une importante baisse des commandes de ses turbines à gaz en Europe.

Pourtant, ce marché n'est pas mort défendent les syndicats, loin de là. Pour Alexis Sesmat, délégué Sud, "le marché des turbines à gaz est un marché cyclique. Nous sommes dans un creux, mais quand l'activité va repartir, nous serons bien placés. Il ne faut absolument pas détruire l'outil de production et les compétences qui existent sur le site".  Pour attendre la reprise, les syndicats ont donc planché sur une diversification des activités. Ils estiment que le site pourrait facilement se tourner vers la production de petits moteurs d'avion, ou le secteur de l'hydrogène.

Une mobilisation des élus locaux

Ces projets de diversification sont appuyés par les élus locaux, qui tentent depuis plusieurs semaines de mobiliser le gouvernement sur le sort de General Electric à Belfort. "Nous avons beaucoup d'allers et retours à Paris" explique Damien Meslot le maire Les Républicains de Belfort, "nous avons été reçus au ministère de l'Economie et à l'Elysée la semaine dernière. _Emmanuel Macron a pris des engagements très forts lorsqu'il était ministre de l'Economie en 2015_. Il nous a dit à l'époque que le rachat d'Alstom par General Electric à l'époque était une bonne affaire, donc nous comptons dans cette passe difficile sur son soutien".

La semaine dernière, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a assuré qu'il avait demandé à General Electric de ne fermer aucun site industriel en France. Mais les syndicats n'ont aucune garantie sur l'emploi. Et les salariés attendent, pour certains avec angoisse, l'annonce de ce plan dont l'annonce a été repoussée après les élections européennes.

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