Gilles de Robien, le ministre de l'Education nationale, a présenté hier la réforme de la formation des maîtres qui doit faire l'objet d'une concertation avec les syndicats de l'enseignement. Les IUFM, Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, seront désormais rattachés aux universités qui auront l'obligation de respecter un cahier des charges national. Dans ce nouveau cahier des charges, Gilles de Robien veut renforcer le principe d'une formation des enseignants en alternance et étaler cette formation sur plusieurs années. Sonia Bourhan est allée à la rencontre de professeurs-stagiaires dans les IUFM pour voir comment se déroule précisément leur formation. Il était urgent de rénover la formation des professeurs, même le ministre de l'Education le dit. La première année à l’IUFM, les étudiants préparent les concours d’enseignant et la deuxième année, ils sont professeurs-stagiaires, rémunérés par l’Etat, pour devenir ensuite professeurs titulaires et enseigner soit dans les écoles primaires, soit dans les collèges et lycées. Désormais avec la réforme proposée par Gilles de Robien, qu'est-ce qui va changer ? Les stages en milieu scolaire seront plus nombreux. Après leur année de formation, les professeurs-titulaires continueront pendant deux ans à effectuer des stages encadrés, c’est-à-dire que pendant leurs deux premières années d’enseignement, ils seront suivis par des formateurs de l’IUFM. Depuis cette rentrée déjà, les futurs professeurs des écoles ont plus de stages. Notamment ce qu’on appelle « le stage filé », c’est-à-dire au fil de l’année scolaire. Un jour par semaine, ils ont en charge une classe. L’avantage, c’est de voir la progression des élèves tout au long de l’année. Il faut préciser que la mesure a été prise pour décharger les directeurs d’école. L’inconvénient c’est que la formation théorique en IUFM est raccourcie. Ce que déplore, Jean-Claude Rénier, formateur à l’IUFM de Créteil (interview). Les professeurs-stagiaires ont tous le sentiment de manquer de temps. Pour préparer leurs cours, un jour par semaine, ils attendent beaucoup d’idées pratiques et moins de théorie, comme le dit Mélanie, professeur-stagiaire à Créteil (interview). Avec ce stage filé, les futurs enseignants se sont retrouvés dès la rentrée face à une classe, face à des élèves pas toujours faciles. Julie,elle aussi à l’IUFM de Créteil, en a fait l’amère expérience. Elle s’est sentie démunie face à sa classe de CE2 où un élève particulièrement agité entraînait ses camarades pour rendre le cours impossible (interview). Comment gérer une classe, comment instaurer une certaine discipline ? Les jeunes enseignants ne sont pas vraiment formés ? Et ce phénomène est vécu partout de la même façon. Aurélien est en formation à l’IUFM du Mans, dans la Sarthe, prof-stagiaire en français dans un collège qui a tout le profil d’un collège de ZEP. Pour lui, les enseignants ne sont pas assez préparés aux aspects de la psychologie de l’enfant. Il faudrait même selon lui en faire une épreuve du concours (interview). Chaque IUFM adapte ses formations en fonction des élèves. Mais au final, comme le dit Thomas, dans l'académie de Créteil, tout ne s’apprend pas (interview). Il faut bien que le métier rentre ! Ajoutons que dans sa réforme de la formation des maîtres, le ministre de l’Education nationale propose un stage en entreprise obligatoire pour tous les futurs enseignants. Et les professeurs de collège et lycée seront incités à passer des Capes bivalents c’est-à-dire pour enseigner deux matières au lieu d’une, incités par une meilleure rémunération et par des postes réservés dans les concours. Aujourd’hui seulement 17% d'entre eux choisissent la bivalence. Un dossier de Sonia Bourhan, spécialiste des questions d'éducation à France Inter.

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