Stephane Fouks, président d'Havas, avant son audition par la commission d’enquête parlementaire sur l'Affaire Cahuzac
Stephane Fouks, président d'Havas, avant son audition par la commission d’enquête parlementaire sur l'Affaire Cahuzac © MaxPPP/Thomas Padilla /

Stéphane Fouks est le numéro un de la communication en France. Vice-président de Havas, anciennement EuroRSCG, ex-conseiller de DSK et de Jérôme Cahuzac, il cultive le pouvoir tout en restant dans l’ombre.

La réussite de Stéphane Fouks s’appuie sur plusieurs réseaux. Le premier d’entre eux, c’est le trio qu'il a formé avec Alain Bauer, ex-Grand Maître du Grand Orient de France, la plus grande obédience maçonnique de l'Hexagone, et Manuel Valls, le Premier ministre.

Tous trois se sont rencontrés à la faculté de Paris-I. Ils sont alors "rocardiens", et ils font le serment de s’aider pour accéder au pouvoir. Un serment dont se souvient Airy Routier, l’ancien chef du service économique duNouvel Observateur :

Il m'avait dit "avec Alain au Grand Orient, Manuel au PS et moi chez EuroRSCG, on tient la France pour trente ans". Un trio qui joue son rôle.

Ce rôle prépondérant, Fouks le joue grâce à un autre réseau qu’il a construit à EuroRSCG. Son credo, c’est mettre en relation des décideurs de différents milieux, chacun pouvant rendre service à l’autre.Bruno Fuchs, le président d’Image et stratégie , explique comment fonctionne ce modèle :

Il est comme un poisson dans l'eau dans tous les mondes - économique, politique, médiatique - et il en fait bénéficier ses clients.

Stéphane Fouks conseille ainsi la moitié du CAC 40 tout en cultivant ses amitiés politiques à droite comme à gauche. Mais sa grande proximité avec certains de ses clients lui vaut aussi des mésaventures, comme cela a été le cas avec l’affaire Cahuzac, qui lui a valu de témoigner devant une commission d’enquête parlementaire pour savoir quel rôle il avait joué dans le mensonge de l’ancien ministre.

Un épisode qui l’a marqué, explique un autre publicitaire célébre, Jacques Séguéla.

Je l'ai défendu alors que tout le monde lui tombait dessus, et il a même été mis en cause.

Le réseau africain

Mais le réseau de Stéphane Fouks n’est pas que français, il est aussi très implanté en Afrique, un continent où il fait venir des stars de la politique française, y compris là où la démocratie laisse à désirer. Mais cela convient à tout le monde, explique Antoine Glaser, fondateur de La Lettre du continent .

Pour un politique, aller à colloque dans un pays africain et être payé par EuroRSCG, c'est bien plus pratique.

Pour une conférence, un politique français (Juppé, Rocard, Raffarin ou De Villepin) peut ainsi empocher plusieurs dizaines de milliers d’euros. Et cela fait de l’Afrique est un tiroir-caisse explique François Soudan, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Jeune Afrique .

Au contraire de la France, en Afrique c'est 99% de profits en 1% d'emmerdes.

Et Havas n’est pas prêt de lâcher cette poule aux œufs d’or, d’autant moins que celui qui est à la tête du groupe, l’industriel Vincent Bolloré, a lui-même de gros intérêts en Afrique.

« Stéphane Fouks, l’influent de la république », c’est une enquête à retrouver en intégralité dans Secrets d’Info le vendredi à 19h20 sur France Inter.

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