La folie des séries télévisées submerge la Russie ! A la fin de l’URSS, les écrans russes étaient envahis de séries étrangères. Aujourd’hui, changement de décor, les feuilletons télévisés sont russes et le marché est en pleine expansion. Enquête sur le petit écran russe. La Pérestroïka avait eu une conséquence inattendue. Avide d’ouverture sur le monde, les téléspectateurs soviétiques avaient découvert avec enthousiasme, les telenovellas en provenance d’Amérique du Sud. Dans les années 90, comme partout ailleurs dans le monde, ce furent les séries hollywoodiennes qui envahirent les écrans. C’est désormais fini. Aujourd’hui, les téléspectateurs russes veulent uniquement de la série locale. Le journaliste du quotidien Komsomolskaïa Pravda, Denis Korchakov, est spécialisé dans les médias - interview : « Dans les années 90, il y a eu énormément de séries télévisées occidentales en Russie, mais il y a eu un déclic avec la diffusion de la série russe « les flics », à la fin des années 90. C’était une série avec des moyens financiers très modestes et rien de particulièrement original dans le sujet, mais elle a connu un succès éclatant. Les producteurs ont alors vite compris qu’il y avait une énorme demande et que les Russes sont beaucoup plus intéressés par des séries en russe que des séries occidentales, américaines en particulier, comme "Santa Barbara" ou autre. Et quand ils ont compris cela, ça a été la ruée, tout le monde s’est mis à produire des feuilletons russes. Le marché a commencé à exploser. Et si, en 1999, il n’y avait que quelques séries russes, aujourd’hui il y en a des dizaines, et elles ont un énorme succès. Leur qualité augmente, elles sont de plus en plus professionnelles, et les acteurs deviennent des superstars. Et lorsque la première chaîne a diffusé en prime time, la série américaine, "Lost", cela a été considéré comme un nonsense, car cela faisait bien longtemps que cette chaîne n’avait plus diffusé des séries occidentales à cette heure. » Les chaînes de télé se sont donc précipitées sur le filon. Les chaînes de télés, mais aussi les annonceurs et les producteurs. Au dernier Marché International des Programmes de Télévision à Cannes, les Russes étaient en masse avec leurs feuilletons à succès. Le producteur de séries Igor Lavrik, est PDG de la maison de production Stabilnaia Linia - interview : « Le marché est loin d’être saturé et aujourd’hui le téléspectateur russe est prêt à regarder des séries télévisées contemporaines, mais il ne se contente plus de séries à petits budgets, avec des scénarii médiocres, et des acteurs peu connus, cela ne correspond plus aux goûts esthétiques actuels des téléspectateurs. Il est désormais prêt à regarder des séries télés à gros budget et bien construites. On peut donc dire que nos téléspectateurs sont divisés en deux groupes. Les uns sont prêts à regarder des séries à faible budget, mais il faut qu’il y ait des acteurs excellents et les autres téléspectateurs qui veulent regarder des séries où chaque épisode pourrait coûter 100 000 dollars avec une belle distribution, de très beaux décors, de beaux paysages de bons scenarii. Bref, ce sont des feuilletons où chaque épisode peut concurrencer un film long métrage. » Les programmations des chaînes russes ont donc été modifiées. En cette rentrée télévisuelle, toutes les chaînes ont programmé des séries télévisées en prime time, comme l’on dit également en Russie. Car pour les chaînes russes, les séries télé, c’est pour l’instant, la poule aux œufs d’or. Viatcheslav Morogov, est en charge des séries sur la chaine privée STS - interview : « Il y a des perspectives très larges pour les séries télévisées dans le pays. C’est avantageux à tous les points de vue, et en particulier évidement en ce qui concerne les finances, les retours sur investissements. L’ossature de chaque chaîne aujourd’hui, c’est son programme de séries télévisées et le reste ne sert qu’à encadrer les séries. C’est pourquoi, je ne vois que des tendances à la hausse, autant du point de vue de la production que de celui de la demande ». Pour l’instant, ces séries télévisées russes ne franchissent pas les frontières de l’ex-URSS. Problème de langue. Alors comme vous n’aurez pas l’occasion de les voir en France, voilà juste la bande annonce d’une "romance en ville", la nouvelle série vedette sur Tv Tsentr (son). Un dossier de Bruno Cadène, en direct de Moscou en Russie.

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