Dans la nuit du 2 au 3 septembre dernier, Christian Poveda, ce reporter photographe français de 54 ans, était assassiné de 4 balles au Salvador. « La Vida Loca », son documentaire sur les Maras, ces gangs du Salvador, sort mercredi au cinéma. Alors que s’est-il passé ? Plusieurs personnes ont été arrêtées : un policier et des membres de la Mara 18, le Gang 18, précisémment le Gang avec lequel Povéda a passé des mois et des mois quotdiennement. Près de 2 ans de tournage. Christian Poveda avait réussi une vraie prouesse : créer un climat de confiance entre lui et les Maras - ça donne un documentaire où la mort est souvent le personnage principal (extrait). Le film est distribué dans plusieurs pays. On commence à en parler un peu partout. Le documentaire génére de l'argent et c'est là que l'ambiance change dans la campanera. Dans ce quartier où a été tourné le documentaire. Alain Mingan est journaliste, membre de Reporters Sans Frontière, très proche de Christian Povéda (interview). Le confrère dont parle Alain Minguan c'est Philippe Trétiak, grand Reporter au magazine ELLE. Christian Poveda et lui étaient en contact pour un reportage sur la place des femmes dans les gangs. Le 2 septembre au soir, le jour de sa mort, Christian Poveda négocie. On lui demande 10 000 dollars. Philippe Trétiak (interview). Christian Povéda aurait été victime d’une tentative de racket ? Ce qui est sûr, c'est que Christian Povéda savait que le contexte était de plus en plus compliqué. Ses derniers emails font état de tensions, « ça chauffe… grave. Certains jeunes sont très très durs », écrivait-il quelques heures avant sa mort. Mais il semblait maîtriser les choses. A-t-il perdu ce fil de confiance qu'il avait mis tant de temps à tisser ? Ses proches, ses collaborateurs le pensent franchement (interview d’Emilio Maillé, un ami). Christian Povéda a été reporter en Irak, en Iran au Pérou, au Chili. Et puis bien sûr au Salvador, où il avait décidé de s'installer, tout près de cette communauté, « la confrèrie des exclus » comme il l'appelait. Son assassinat renforce la charge émotionnelle déjà très présente dans le documentaire (interview d’Emilio Maillé). Le Salavador est aujourd'hui considéré comme l'un des pays les plus dangereux au monde. L'an dernier 3700 personnes ont été tuées par balle. _____Un reportage de Nasser Madji.

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