Le zoom de la rédaction s'intéresse ce matin à cette question : Faut-il taxer les riches pour réduire le déficit public de la France?

L'idée revient sur le devant de la scène ces derniers temps, mais est-elle réaliste?

La semaine dernière, seize grands patrons français ont demandé à être plus taxés pour participer à l'effort national. Et le gouvernement propose la création d’une taxe exceptionnelle de 3% pour les revenus qui dépassent les 500 000 euros par an.

Comment est accueillie cette mesure du côté des hauts revenus français ?

Plutôt positivement. Tous les hauts revenus que j'ai pu rencontrer sont unanimes : pas de problème pour payer plus d'impôt.

C'est le cas notamment de Chritian Poi-yo, patron d'une société de conseil qui emploie 1000 personnes et qui affiche un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros par an.

Payer plus d'impôts d'accord donc, mais la question maintenant, c'est de savoir COMBIEN?

feuilles d'impôts
feuilles d'impôts © Fotolia / Morad Hegui

Sur ce point, tout est à inventer. Car, pour l'instant, la contribution exceptionnelle de 3% proposée par François Fillon ne concerne que 10 000 ménages et ne rapportera que 200 millions d'euros.

Dérisoire comparé aux 1600 milliards de la dette française.

Alors, certains n'hésitent pas à être plus ambitieux, comme l'homme d'affaire Michel Seydoux, qui se situe lui même dans les tranches les plus éleves d'imposition... sans dire précisément combien il gagne.

Michel Seydoux propose aussi une simplification des impôts pour éviter les évasions fiscales.

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Alors, est-ce que taxer les plus riches suffira à redresser les comptes de la France ?

Ce serait trop simple.

Mais pour l'économiste Mathieu Plane, c'est quand même une piste qu'il ne faut pas négliger, car depuis les années 1990, les baisses de fiscalité ont surtout profité aux hauts revenus.

Un manque à gagner de 150 milliards d'euros en 10 ans selon certains calculs.

Et puis augmenter l'impôt sur le revenu des plus aisés ne serait pas une mauvaise idée au regard de ce qu'il se fait chez nos voisins européens.

si en France, le taux moyen d'imposition s'élève à 41%, il est de 50% en Angleterre et en Belgique.

Emilie Baujart

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