Depuis le début de l’année, environ 1 500 réfugiés ont déjà été sauvés alors qu’ils tentaient de traverser la Manche. C'est deux fois plus qu'en 2018. A Grande-Synthe dans le Nord, des centaines de migrants sont hébergés dans un gymnase surpeuplé avec l'espoir de rallier l'Angleterre au péril de leur vie.

Migrants hébergés dans le gymnase de Grande-Synthe
Migrants hébergés dans le gymnase de Grande-Synthe © Radio France / Yann Gallic

Des hommes seuls, des femmes avec des enfants et des bébés s'entassent à l'intérieur du gymnase sur les couvertures et les matelas posés à même le sol. A l'extérieur, des familles dorment sous des tentes au milieu des déchets. Des exilés kurdes pour la plupart comme Ibrahim. Il a quitté l'Irak avec sa femme et ses deux garçons de 5 et 6 ans. Pour l'instant, Ibrahim a échoué dans ses tentatives pour rejoindre l'Angleterre: "nous nous sommes cachés dans un camion réfrigéré. On est restés là pendant 20 heures ! Il faisait froid. Et on s’est fait attraper lors d’un contrôle à la frontière. Mais maintenant, les gens essaient de passer en bateau. C’est plus facile : il faut seulement 4 ou 5 heures pour rejoindre l’Angleterre".

3 000 euros pour traverser la Manche

Ibrahim n'a pas assez d'argent pour payer les passeurs qui pourraient lui faire traverser la manche. "Il faut compter au moins 3 000 euros par personne" explique-t-il. Pour gagner un peu d'argent, certains migrants travaillent dans des petites échoppes au milieu du campement. Des boutiques de fortune qui vendent des cigarettes, du thé ou des boîtes de conserve. Cette économie souterraine est généralement contrôlée par les passeurs.  Claudette Hannebicque est la responsable locale de l'ADRA, une association d'aide aux réfugiés. Ils sont de plus en plus nombreux, dit-elle, à tenter la traversée en bateau, surtout depuis que les contrôles de police ont été renforcés dans le tunnel sous la Manche et sur les ferrys: "Parfois la famille, des amis ou des connaissances en Angleterre les aident à payer la traversée. Mais une fois qu'ils arrivent en Angleterre, les réfugiés doivent rembourser leurs dettes".

A quelques kilomètres du gymnase, des migrants se sont installés dans les bois, essentiellement des Pakistanais et des Afghans qui ont souvent affaire à la police. Rias a dû fuir son pays car il était menacé par les Talibans: "Les policiers français, c’est un gros problème. Chaque matin, ils viennent ici très tôt pour prendre nos tentes, nos couvertures, ils nous prennent tout !"

Des conditions d'accueil "indignes"

Ouvert aux réfugiés depuis décembre 2018, le gymnase de Grande-Synthe abrite désormais plus d'un millier de personnes. Il sera bientôt évacué à la demande de la préfecture et du maire socialiste de la ville, Martial Beyeart: "Aujourd'hui, il y a une surpopulation et les conditions d'accueil ne sont plus dignes". Les migrants de Grande-Synthe devraient être relogés dans les centres d'accueil de la région. Mais la plupart d'entre eux n'ont pas l'intention de renoncer à leur rêve, celui de commencer une nouvelle vie en Angleterre.

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