L'état de la monarchie britannique : un reportage signé Géraldine Hallot, en direct de Londres, à quelques heures du mariage du Prince William avec Kate Middleton Après avoir traversé une période de turbulences et une importante baisse de popularité en 1997 suite à la mort de Lady Di, la couronne britannique a retrouvé des couleurs et est plus que jamais populaire. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller aux abords de l’Abbaye de Westminster, là où sera célébré tout à l’heure le mariage de Kate et William. Des dizaines de personnes ont installé leur tente pour être aux premières loges, collées aux grilles de l’Abbaye. Un appareil photo dans une main, l’Union Jack dans l’autre, ces anglaises sont dithyrambiques sur la famille royale. Extrait d'Anglaises fan de la famille royale - Le mariage princier est pourtant loin de provoquer un enthousiasme général. C’est ça le paradoxe ! D’après un sondage publié cette semaine dans le Guardian , 37% seulement des Britanniques se disent vraiment intéressés par le mariage de Kate et William. Mais ils sont 63% à juger positive l’action de la famille royale. Pour John Henley, journaliste au Guardian , la monarchie britannique a su se moderniser après la mort de la princesse Diana, pour assurer sa pérennité. Interview de John Henley Et puis la Reine Elisabeth II a toujours su se tenir à l’écart du monde politique. Elle représente en quelques sortes une image immuable et rassurante. Jacques Monin est l’ancien correspondant à Londres de France Inter et l’auteur du livre Le Naufrage Britannique . Interview de Jacques Monin - La monarchie britannique est-elle désormais à l’abri de toute remise en question ? Non, car la famille royale se doit de véhiculer une part de rêve et que parfois, le rêve se brise. On se rappelle du divorce de Charles et Diana, mais aussi d’Anne et d’Andrew. Bref, pour John Henley, Kate et William se doivent de réussir leur mariage pour le bien de la monarchie. Interview de John Henley Au-delà du mariage princier, un pays en pleine crise : un reportage signé Franck Mathevon, correspondant permanent de France Inter à Londres, au Royaume-Uni Depuis des semaines, les noces entre le Prince William et Kate Middleton font les gros titres des journaux, au point d'éclipser, parfois, la crise économique et sociale que traverse le Royaume-Uni. Il faut d'abord rappeler la cure d'austérité sans précédent mise en place par le gouvernement Cameron. 90 milliards d'euros de coupes budgétaires d'ici à 2015 : le plan a été annoncé cet automne. Il vise à combler un déficit budgétaire record : "le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale", rappelle sans cesse le gouvernement Cameron. Cette politique de rigueur a d'abord été bien accueillie, jugée nécessaire par les Britanniques, puis la colère est montée, en fin d'année, d'abord avec les manifestations étudiantes contre la hausse des frais universitaires et plus récemment, en ce début d'année, avec un rassemblement géant contre l'austérité à Londres. Près de 500.000 personnes dans les rues, dont des manifestants du secteur privé, comme Diane Dixon, qui travaille comme conseillère auprès de centres dédiés à la jeunesse. Interview de Diane Dixon C'est un exemple parmi d'autres de la colère en Grande-Bretagne. La cure d'austérité, on l'a dit, est motivée par l'ampleur du déficit creusé par la crise financière, avec des banques en quasi-faillite il y a deux ans. La City est, bien sûr, un secteur-clé de l'économie britannique, rappelle Iain Begg, professeur à la London School of Economics. Interview de Iain Begg - La récession est toutefois officiellement évitée. On a appris avant-hier que la croissance était de retour dans le pays, mais l'économie n'a progressé que d'un demi-point au premier trimestre et la plupart des indicateurs sont au rouge : un chômage élevé -près de 8%- qui frappe surtout les jeunes ; une forte inflation (plus de 4%) liée à la hausse de la TVA en début d'année. Le résultat, c'est une baisse importante du revenu réel : 1.000 euros de moins en 2011 pour un ménage britannique moyen, selon une étude du Centre de recherche pour l'économie et les Affaires, un institut pour lequel travaille Rob Harbron. Interview de Rob Harbron - On comprend ainsi pourquoi beaucoup de ménages britanniques n'ont pas le coeur à la fête en ce jour de célébration. On l'a déjà évoqué, une majorité de Britanniques sont indifférents à ce mariage et c'est aussi parce qu'ils ont d'autres priorités. Ecoutez Susan, par exemple, mère de deux enfants. Elle ne regardera même pas la cérémonie aujourd'hui. Interview de Susan Ce mariage ne devrait même pas offrir le rayon de soleil économique que certains espéraient, selon Ben Hall, journaliste au Financial Times . Interview de Ben Hall SAns être alarmiste, on peut ajouter aux mauvaises nouvelles une crise politique en train de se dessiner. Un référendum aura lieu vendredi prochain sur un nouveau mode de scrutin vers plus de proportionnelle. Les deux partis de la coalition au pouvoir, conservateurs et libéraux-démocrates, se déchirent. C'est "non" pour les conservateurs, "oui" pour les libéraux-démocrates. Le climat est devenu très tendu ces derniers jours...

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