Ferme cannabique dans en Alsace
Ferme cannabique dans en Alsace © document remis

C'était un phénomène criminel inconnu en France il y a encore cinq ans, mais qui explose aujourd'hui. En 2013, policiers et gendarmes ont démantelé une centaine de fermes cannabiques. Rien que ce mois-ci, les enquêteurs ont découvert deux de ces fermes. Une près de Marseille (plus de 300 pieds de cannabis), une autre près de Lille, dans laquelle 600 pieds ont été retrouvés.

Ces "cannabis factories" ressemblent de l'extérieur à des maisons classiques. Mais c'est à l'intérieur que tout se passe. Les trafiquants créent une bulle dans la maison. Lecommissaire Julien Gentile décrit l'une de ces fermes, découverte dans l'Est de la France :

Coût de l'installation pour les trafiquants : 20.000 euros. Une récolte peut rapporter jusqu'à 150.000 euros et il peut y avoir quatre voire cinq récoltes par an. On est loin du cannabiculteur qui fait pousser quelques pieds pour sa consommation personnelle.

Les réseaux vietnamiens tiennent les grosses fermes

Derrière ce nouveau trafic, il y a des gangs puissants, implantés dans toute l'Europe, qui ne reculent devant rien pour protéger leurs récoltes. Exemples donnés par le Capitaine Claude, de l'Office des Stups :

Les réseaux vietnamiens tiennent les grosses fermes de cannabis. C'est même encore plus précis. D'après le capitaine Claude, les jardiniers, comme on surnomme les employés des fermes, viennent de la même région du Nord vietnamien. Ils sont à la merci de réseaux qui les font passer clandestinement en Europe, puis les emploient dans ces cannabis factories. Explications du Commissaire Gentile de l'Office contre les filières d'immigration irrégulière :

Ces nouveaux trafiquants commencent à percer sur un marché français jusque-là ultradominé par la résine venue du Maroc via l'Espagne. Les circuits de production sont donc différents - on parle comme dans l'industrie ou le marketing -, mais les circuits de distribution sont similaires : un même dealer va vendre dans la rue du shit marocain ou de l'herbe française cultivée par des vietnamiens.

Un marché très concurrentiel

Les réseaux externalisent certaines tâches, et c'est là aussi un point nouveau. Les réseaux vietnamiens fournissent la main d'oeuvre et la logistique, mais sur un marché très concurrentiel, ils ont besoin d'avoir un cannabis fortement dosé en THC, le principe actif. Pour cela ils utilisent les services d'un facilitateur. A quoi sert-il ? Voici la réponse de David Weinberger, chercheur à l'Institut des Hautes Etudes de Sécurité :

Le capitaine Claude, de l'Office des Stups qu'on a entendu tout à l'heure insiste sur une chose : faire pousser de l'herbe paraissait encore il y a quelques années anodin, voire folklorique, ce n'est plus le cas aujourd'hui et derrière ces réseaux capables d'installer des plantations indoor de plus de 500 pieds, police et gendarmerie commencent à découvrir des cannabis factories plus modestes, tenues cette fois par des dealers locaux.

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