Caïd, c'est plus qu'une fiction. Le long-métrage d’Ange Basterga, tourné de façon très crue aux alentours de la cité phocéenne, veut dire le vrai. Et pour rester ancré dans le réel, ce sont ses habitants qui ont été filmés. Olivier Martocq raconte cette incroyable aventure.

Dans Caïd, les comédiens amateurs de la cité phocéenne racontent leur vie à Marseille. Un label vérité.
Dans Caïd, les comédiens amateurs de la cité phocéenne racontent leur vie à Marseille. Un label vérité. © DR

Qu’est-ce qui fait de Caïd, le long-métrage d’Ange Basterga, une fiction si réaliste ? D’où lui vient ce ton aussi juste ? Sans doute le fait que, si le film n’a pas été tourné à Marseille mais à une trentaine de kilomètres, à Canto Perdrix, la grande cité de Martigues, il est joué par des comédiens amateurs issus de la cité phocéenne et de ses environs.

Une touche très locale qui donne à Caïd des airs de documentaire, précise Ange Basterga :

Ce qui donne ce côté vérité dans le film, c'est qu'on a choisi des artistes des quartiers nord et qu'on leur a dit "dis-le toi avec tes mots".

Un comédien explique : "On a reçu le scénario, on a fait des répétitions… mais ça n'a pas été compliqué, parce que c'est un peu notre vécu. On n'a rien inventé : le quartier, les délires, tout ça, c'est notre vie de tous les jours."

Budget serré

Tout commence fin octobre. Cette aventure, assez improbable au départ, devient réalité : un budget très serré (70 000 euros, loin des 197 millions d’un Valérian), quatre petits jours de tournage. Finalement, des jeunes des cités qui s’improvisent comédiens et crèvent l’écran, et une avant-première acclamée à Martigues.

Avec 70 000 euros de budget, "Caïd" joue dans la division des petits films d'auteur. Il a pourtant été récompensé au festival de Cognac.
Avec 70 000 euros de budget, "Caïd" joue dans la division des petits films d'auteur. Il a pourtant été récompensé au festival de Cognac. / DR

Dans le carré VIP, les comédiens Bruno Baouch, Kader Méguitani et Nagdil Zéar sont surpris par l’accueil :

On arrive, on voit l'affiche en grand, elle claque ! D'habitude, c'est plus nous qui payons la place pour voir le film que l'inverse. Demain, on retournera à notre vie normale.

"On apprend aux plus jeunes issus du même quartier – certains sont déscolarisés, en rupture sociale, qui pourraient être tentés par les trafics – qu'ils peuvent faire pareil, se démener… Le film nous a aidés un peu à avancer."

Film primé

Le plus incroyable, c’est que le film a remporté le grand prix du long métrage au festival de Cognac… devant Carbone, le dernier film d’Olivier Marchal avec Benoît Magimel.

Pour le film et son équipe, le plus dur reste à venir. Ceux des comédiens amateurs qui ont passé d’autres castings n’ont pour l’heure pas trouvé d’autres rôles, et une récompense telle que celle de Cognac ou des critiques unanimes ne garantissent certainement pas un succès commercial.

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