Comme en France l'an dernier, c’est la réforme des retraites qui est à l’origine de la colère en Grande Bretagne où une journée de grève est organisée demain dans le secteur public. Un reportage de notre correspondant Franck Mathevon.

La réforme des retraites est actuellement en discussion dans le secteur public, mais le gouvernement a déjà annoncé son projet, avant la fin des négociations, ce qui a beaucoup agacé les syndicats. L’âge de départ à la retraite sera relevé de 60 à 66 ans en 2020, les cotisations augmenteront de 3,2% et la retraite ne sera plus calculée sur les derniers salaires, mais sur la rémunération moyenne d’une carrière.

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Colère unanime chez les profs britanniques. Même un syndicat qui ne fait habituellement jamais grève sera de la partie demain ; toute la fonction publique proteste. Un syndicat qui n’a rien à voir avec le monde de l’Education se joint d’ailleurs au mouvement. Et si les principales organisations n’y participent pas, c’est uniquement parce qu’il est compliqué d’appeler à la grève en Grande-Bretagne ; il faut un vote, souvent long à préparer. Une mobilisation massive est donc annoncée à l’automne.

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La grève de demain, qui concerne surtout les professeurs, pourrait être le prélude à un mouvement de grande ampleur. Les syndicats veulent y croire. Les grèves sont rares en Grande-Bretagne et certains comparent même cette colère à la grève générale de 1926 ou aux célèbres mouvements des mineurs dans les années 70-80. Le 26 mars, près de 500.000 personnes ont défilé à Londres contre la cure d’austérité du gouvernement Cameron.

Quand on interroge les membres de la coalition gouvernementale, qu’ils soient conservateurs ou libéraux-démocrates, on ne peut pas dire que ce mouvement social fasse peur. Les conservateurs de David Cameron restent à un haut niveau de satisfaction dans les sondages, surtout au regard de la cure d’austérité sans précédent qui frappe le pays (rien à voir avec la Grèce par exemple). Il faut ajouter à cela le fait que l’opposition travailliste ne soutient pas les syndicats et estime que la grève est "prématurée". Le gouvernement Cameron semble donc à l’abri d’une mobilisation massive, mais si les résultats économiques ne sont pas à la hauteur des attentes, la colère pourrait très rapidement s’étendre et fragiliser la coalition au pouvoir.

Manifestation à Londres en mars 2011
Manifestation à Londres en mars 2011 © lizzie056
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