Xi Jinping est attendu aujourd'hui à Hong-Kong pour une visite de trois jours placés sous haute sécurité, alors que la jeunesse démocrate de Hong-Kong manifeste contre le régime.

A Hong-Kong, la difficile cohabitation avec la Chine
A Hong-Kong, la difficile cohabitation avec la Chine © Radio France / Dominique André

Depuis hier, les jeunes démocrates de Hong Kong manifestent contre la main mise du régime de Pékin sur les libertés locales malgré l’accord sino britannique de 1997 qui garantit le principe "un pays, deux systèmes". Quel avenir pour la jeunesse à Hong Kong, 20 ans après sa rétrocession à la République populaire de Chine par la Grande Bretagne ?

La jeunesse hongkongaise est connue dans le monde entier grace à deux visages : celui de Joshua Wong et de Nathan Law,qui sont des figures du "mouvement des parapluies" de 2014, un mouvement marqué par des manifestations pro démocratiques massives. Les deux opposants ont été interpellés mercredi soir parce qu’ils manifestaient contre l’arrivée de Xi Jinping.

Quelques heures avant son arrestation, Nathan Law, 23 ans, devenu le plus jeune député du parlement hongkongais, s'est confié au micro de Dominique André, estimant que "la jeune génération pour le moment reste calme, parce qu’elle est réprimée de façon massive. Mais leurs cœurs vont s’éloigner de plus en plus de du gouvernement chinois."

Un million de Chinois arrivés à Hong-Kong depuis la rétrocession

Parmi les jeunes dans le collimateur des autorités chinoises, Andy Chan, du parti national. Il prône indépendance de Hong Kong. Pour lui, l’avenir, c'est le risque de la dilution de Hong Kong dans la grande Chine, notamment en raison de l'arrivée massive d'un million de Chinois à Hong-Kong entre 1997 et aujourd'hui : "C'est ok pour avoir des immigrés du monde entie,r mais pas en provenance d’un seul endroit, par exemple de Chine, parce que c est une colonisation."

Pour les jeunes nés après la rétrocession, les conditions de vie se sont compliquées. L’une des principales difficultés, c'est de trouver un travail ou un logement convenable et à un prix abordable. Une situation dénoncée par Fergus Leung, jeune syndicaliste de l’union des étudiants de l’université de Hong-Kong : "Selon ce que m’ont raconté mes parents, ils pouvaient grimper sur l’échelle sociale grâce à leur travail et leur détermination. A l’époque, les gens avait un avenir à Hongkong. ils étaient plus optimistes que nous aujourd’hui."

Pas d'avenir et un sentiment d'appartenance quasiment inexistant à la culture et au régime chinois. Une enquête publiée par l’université de Hong Kong, réalisée auprès de 1000 jeunes au début du mois, montre que seulement 3, 1% des jeunes hongkongais s’identifient comme des chinois. Les 3%, la perle rare donc, c'est par exemple Thomas Kwong, 19 ans, étudiant en sciences politiques, qui se dit "fier d'être à la fois Hongkongais et Chinois."

Les jeunes de Hong-Kong ont prévu d’émailler la visite de Xi Jinping de manifestations jusqu’à samedi, le jour de son départ.

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