Au Mexique, 88 millions d’électeurs désigneront ce dimanche leur prochain président, au terme d’une campagne considérée comme la plus violente de l’histoire du pays : plus de 120 personnalités politiques ont été assassinées. Carmen Ortiz, veuve d'une de ces victimes, a décidé de faire campagne à la place de son époux.

Au Mexique, Carmen Ortiz est aujourd'hui candidate dans la ville d'Apaseo El Alto, son mari assassiné apparaît derrière elle sur son affiche de campagne.
Au Mexique, Carmen Ortiz est aujourd'hui candidate dans la ville d'Apaseo El Alto, son mari assassiné apparaît derrière elle sur son affiche de campagne. © Radio France / Gilles Gallinaro

Face à la foule de Apaseo El Alto, petite ville au nord de Mexico, Carmen Ortiz est livide, mais elle fait face, et se tient droite : "Les coups de feu de la haine et de la lâcheté ont interrompu la vie de mon mari". Mais chez elle, les rideaux sont tirés, le salon plongé dans l’obscurité. Elle dévoile un tout autre visage : 

Derrière la femme courageuse qui parle dans les meetings [ la voix se brise ] ...Je n’ai pas perdu un homme politique, j’ai perdu mon mari

Dans les rues d'Apaseo el alto, malgré les risques, Carmen Ortiz fait campagne
Dans les rues d'Apaseo el alto, malgré les risques, Carmen Ortiz fait campagne © Radio France / Gilles Gallinaro

"C’est pour lui… pour le rêve qu’il poursuivait", explique-t-elle. "Crois-moi que n’importe quelle autre femme aurait pris ses enfants et aurait fui Apaseo El Alto."  

Les habitants d'Apaseo el alto touchés par le courage de Carmen Ortiz, veuve du candidat assassiné
Les habitants d'Apaseo el alto touchés par le courage de Carmen Ortiz, veuve du candidat assassiné © Radio France / Gilles Gallinaro

Elle n’a mis que deux jours à accepter de poursuivre la campagne à la place de son mari José Remedios, 34 ans, assassiné le 11 mai dernier.

Wilfried était à quelques mètres de ce dernier : 

Le candidat était en train de monter des marches… et le tueur était derrière lui. Quand il a vu qu’ils étaient seuls, il a sorti son arme et lui a tiré une balle dans la nuque. La personne qui a empêché Remedios de s’effondrer m’a crié 'Willy ! Aide moi !'. J’ai couru mais c’était trop tard. Le sang coulait partout. Il n’y avait rien à faire, absolument rien… C’est ça, le Mexique

Wilfried était à quelques mètres du candidat quand il a été assassiné
Wilfried était à quelques mètres du candidat quand il a été assassiné © Radio France / Gilles Gallinaro

Cinq agents fédéraux sont désormais chargés de protéger la candidate, pistolets à la ceinture, et armes lourdes cachés dans des étuis à guitare. C’est dans ce climat étouffant que Carmen Ortiz fait aujourd’hui campagne...

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