Au 25e jour de la grève SCNF, immersion ce matin avec un cheminot de la SNCF : Bertrand, Legendre, conducteur de TER en Bretagne.

Bertrand Legendre cheminot, à bord de son automotrice Alstom Z21500.
Bertrand Legendre cheminot, à bord de son automotrice Alstom Z21500. © Radio France / Laurent Kramer

Tout débute au petit matin : lever à 4h00 dans la banlieue rennaise. Double expresso pour démarrer la journée. 

À 5h30 nous voici en Gare de Rennes. Bertrand prépare son TER  annoncé pour Brest : "Ça fait 15 ans que je conduis des trains et tous les matins je me lève toujours avec la même envie d'aller conduire des trains et j'ai la même motivation qu'au premier jour et je suis très fier de mon métier."

"Ça y est, on est partis direction Brest : Lamballe, Saint-Brieuc, Guingamp, Morlaix, Landivisiau, et Landerneau. Arrivée Brest prévue à 9h16"

À bord de son automotrice Alstom Z21500 Bertrand, comme tous les cheminots, salue chacun des cheminots croisés : "Quand je croise un train; le petit rituel c'est de saluer le conducteur que l'on croise, quel que soit le type de train, que ce soit un train de fret, en train de voyageurs ou un train d'une autre d'une autre entité. Le domaine cheminots n'appartient plus à SNCF et quand je salue, je salue un collègue conducteur qu'il travaille chez Colas, chez ECR ou dans une autre entreprise ferroviaire. I fait le même métier que moi et il est conducteur au même titre que moi.".

"Prochain arrêt Landerneau. 120 km heure"

L'ouverture à la concurrence ne fait donc peur à Bertrand a condition de pouvoir revenir à la SNCF en cas de transfert et de garder son salaire. Avec 10 années d'ancienneté, un cheminot à  la SNCF gagne entre 1500 et 1700 euros brut. Alors ne  dites surtout pas à Bertrand qu'il est privilégié : "C’est particulier d'entendre dire que nous sommes des privilégiés. Des privilégies de quoi ?  De se lever tôt ? Le privilège de pas être à la maison le weekend et les jours fériés ? De rater les anniversaires des enfants ? On gagne le dimanche 4,30 € brut de plus par heure travaillée le dimanche. On regrette c'est que les gens ne connaissent pas exactement les contraintes métier."

"Terminus Brest"

16 h, l'heure du retour de Brest vers Rennes. Presque une deuxième journée qui commence  pour Bertrand. Le cheminot ne se voit pas tenir  à la conduite de son  train au-delà de 60 ans : "Les premières années on est jeune et on se dit que les vieux conducteurs grognent, ils ont du mal à dormir, on ne comprends pas trop, on se dit qu'ils exagèrent un peu. Et puis en fait on se rend compte que finalement nos anciens conducteurs n'avaient pas tort. On ne va pas se voiler la face : ce n'est pas un métier que je ferai à 60 ans vues les contraintes horaires et les contraintes physiologique. J'aime bien mon métier mais à un moment il faut pas pousser mémé dans les orties non plus quoi". 

"15h25, arrivé à Rennes pile à l'heure. Mais personne me dira merci"

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