ITER, le réacteur de recherche en fusion nucléaire sera installé dans le sud de la France à Cadarache dans les Bouches du Rhône. Décision prise en juin dernier par l’Union Européenne, Les Etats-Unis, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde et la Chine. C’est un investissement de 10 milliards d'euros sur 40 ans. Objectif : savoir si on peut obtenir une énergie de substitution aux centrales nucléaires actuelles. Le chantier d'ITER est gigantesque. Il n'a pas encore commencé mais comme le veut la loi, un débat public est ouvert. Des réunions ont eu lieu ces dernières semaines dans la région Provence Alpes Côte d’Azur. Elles vont se poursuivre jusqu'en mai. Après un début chaotique à Marseille le 23 janvier dernier - la première réunion a été annulée suite à l'intervention de militants anti nucléaires montés à la tribune pour dénoncer un "simulacre de démocratie" selon eux - après donc ce début chaotique, le processus a commencé. Comment ça se passe ? Ce sont des réunions de 3 heures environ. Elles ont lieu le soir, sont ouvertes à tous. Un nombre conséquent de spécialistes sont là à chaque fois pour répondre aux questions posées. Quiconque le souhaite peut prendre la parole pour savoir ce que c'est que la fusion, s'il y a des déchets radioactifs, combien ça va coûter, où les enfants des chercheurs étrangers iront à l'école. Suivant les réunions, il y a entre 40 et 180 personnes présentes. Un public varié et qui se sent concerné, précise Isabelle Giri, l'un des membres de la commission particulière du débat public (interview). Sur tous ces aspects, le rôle des membres de la commission - qui sont des citoyens ordinaires et non des spécialistes du nucléaire - veillent à ce que les réponses soient claires et compréhensibles. A Marseille, le thème retenu était les questions de gouvernance d'ITER. Et à Brignoles, les impacts économiques du projet, qui - rappelons le, doit durer 40 ans et coûter 10 milliards d'euros. En toute logique, les habitants du midi ont des préoccupations régionales voire locales (Son : question d'un ingénieur). C'est le directeur du projet ITER auprès du préfet qui répond, Yannick Imbert. Lui est convaincu qu'ITER sera un succès, que la France saura se montrer à la hauteur vis à vis des 32 pays qui l'ont choisie. Même si ITER est financé à 50% par l'Europe, la région et les collectivité locales ont, elles aussi, investi. Sur tous les aspects mentionnés dans la question, Yannick Imbert se veut rassurant (interview). Concrètement, en terme de retombées économiques, on parle de 1500 ouvriers employés pendant la construction ou l'exploitation, 3000 emplois induits, 180 millions d'euros par an générés dans la région, d'une relance des logements sociaux, d’un désenclavement du Var, et de la construction d’une école internationale à Manosque. Mais puisque la décision de construire ce réacteur de recherche a été prise, à quoi sert d'organiser 18 débats publics ? On ne peut plus revenir en arrière à présent ? Cette question a été posée aussi à Marseille (Son : question Patrick Legrand). C’est le président de la commission du débat public, Patrick Legrand, qui répondait à cette question, faisant valoir l’intérêt de cet « exercice de démocratie participative ». Tout n'est pas bouclé sur les 40 prochaines années. Avant cela, le débat se poursuit jusqu'au 20 mai. On peut donc continuer à faire valoir son point de vue ou à poser des questions, lors de réunions publiques ou sur internet. En juin, sera rendu le rapport compilant toutes les propositions faites lors du débat. Site www.debatpublic-iter.org Un dossier de Sophie Bécherel, spécialiste des questions scientifiques à France Inter.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.