Le 28 février, la tempête Xynthia balayait la côte atlantique faisant 53 morts. 500 000 personnes ont été touchées principalement en Vendée et en Charente-Maritime. Les dégâts sont estimés à 1,5 milliards d'euros dans ces deux départements. Un mois après la catastrophe, retour en Vendée à l'Aiguillon et La Faute-sur-Mer, où 29 personnes ont péri dans les inondations. La Faute-sur-Mer ressemble à un village fantôme. Les rues sont presque désertes et la plupart des maisons abandonnées. Les objets de la vie courante s'entassent sur les trottoirs : des ordinateurs, des frigos, des canapés et des matelas pourris par l'eau. Dans les quartiers les plus touchés, on croise encore des véhicules de la Protection civile. Mais les centaines de gendarmes et de pompiers mobilisés pendant les inondations ont aujourd'hui quitté les lieux. Il n'y a plus que la Croix-Rouge et ses quelques bénévoles installés dans des préfabriqués. Les sinistrés, comme Yann, viennent ici pour trouver un peu de réconfort (interview). A La Faute-sur-Mer, 3 000 maisons ont été construites derrière les digues en zone inondable. Le camping municipal, installé illégalement sur le domaine maritime, doit être évacué avant le 15 avril sur ordre de la préfecture. Les habitations alentours seront elles aussi détruites. Marc et Pascale vivent dans une petite maison louée par la mairie et qui a été entièrement inondée (interview). Marc et Pascale vont déposer plainte contre la municipalité. Lors de ce reportage, nous avons essayé plusieurs fois de rencontrer René Marratier, le maire de La Faute. Nous l'avons croisé brièvement sur le parking de la mairie. Visiblement gêné, René Marratier a d'abord tenté de nous cacher son identité pour finalement se rétracter. "Oui, je suis bien le maire mais je n'ai pas le temps de vous parler. Plus tard peut-être..." D'après les informations du journal "Ouest France", la municipalité prépare déjà sa défense. Elle souhaite en effet s'attacher les services d'un grand avocat du barreau parisien, Me Olivier Metzner, qui a notamment défendu Dominique de Villepin, Loïk Le Floch-Prigent ou encore Jean-Marie Messier. Conséquences dramatiques également pour l'économie locale et notamment l'agriculture. En Vendée, on compte environ 150 exploitations agricoles sinistrées. Jean-Paul Rault est éleveur dans le Marais poitevin où 15 000 hectares de terres ont été inondés par l'eau de mer. Jean-Paul est l'un des premiers à avoir reçu la visite du ministre de l'agriculture début mars. Il a perdu presque toutes ses brebis et ses moutons, un troupeau de 600 bêtes emporté par les eaux (interview). _____Un reportage de Yann Gallic. ### liens

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