Le gouvernement a fini par se convertir à la vaccination de masse et promet d'ouvrir 38 vaccinodromes, dans des stades ou des salles de spectacles. Comment s'organise cette vaccination à la chaine ? Nous avons passé 24 heures au Palais des Sports de Gerland, à Lyon, où 1200 personnes sont vaccinées chaque jour.

Au Palais des Sports de Gerland, l'objectif est de passer à 2 000 personnes vaccinées chaque jour
Au Palais des Sports de Gerland, l'objectif est de passer à 2 000 personnes vaccinées chaque jour © Radio France / Mathilde Imberty

7h30. C'est l'arrivée des livraisons, dans une fourgonnette contenant les précieux flacons. Béatrice se charge de la réception : "On vérifie la température, il est très important que la température des frigos se situe entre 2 et 9 degrés". Face à la Covid-19, cette infirmière de 64 ans, retraitée, a repris du service l'été dernier aux urgences. Maintenant, c'est au vaccinodrome qu'elle arrondit ses fins de mois avec de longues vacations.

8h30. Les portes du Palais des Sports s'ouvrent, pour les tout premiers rendez-vous, dont celui de Denise. "J'ai téléphoné début février, on m’a mise sur une liste d’attente et on m’a re-téléphoné pour me fixer mon rendez-vous… très simple !" Septuagénaire, elle ne recevra qu'une injection car elle a déjà contracté la Covid. 

Une injection toutes les 30 secondes

Avec sa voûte de 27 mètres de haut éclairée aux néons, ses gradins en béton, ses buvettes, l'enceinte du Palais des Sports sent bon les années 1960. À un débit impressionnant - une injection toutes les 30 secondes - les vaccinés défilent dans ce lieu mythique. 

"Ce Palais des Sports, je le connais, pour avoir regardé tant de matchs de basket, pour y être venu écouter des concert... Ici, j'ai vu Ray Charles, Maurice André", se souvient un vacciné. "Moi je suis venu voir Eddy Mitchell !", renchérit un autre. Mais aujourd'hui, l'atmosphère est tout autre. 

Midi. Béatrice descend au réfectoire, installé dans l'ancienne salle de presse du Palais des Sports. Personne n'a plus commenté de match ici depuis février 2020 et un tournoi de tennis féminin. Le monde d'avant, en somme. La ruche au dessus continue de bourdonner. Les patients ont pour la plupart plus de 70 ans. Certains, soignants, sont plus jeunes. Comme Élodie, 38 ans, médecin urgentiste : "Je me suis posée la question quand c’est le Astra Zeneca qui était préconisé pour ma tranche d’âge et ne suis pas mécontente que ce soit finalement le Pfizer… je suis quand même rassurée sur le plan personnel en me disant qu’il y a moins de risques que je le ramène à la maison parce qu’on est exposé tous les jours au travail…"  

À ce jour, moins de 10% de la population du Rhône a reçu une dose
À ce jour, moins de 10% de la population du Rhône a reçu une dose © Radio France / Mathilde Imberty

Infirmières et médecins libéraux prêtent main forte

À ce jour, moins de 10% de la population du Rhône a reçu une dose. C'est moins que la moyenne nationale. Pourtant les bonnes volontés ne manquent pas : infirmières et médecins libéraux prêtent facilement main forte. 

20h. Les portes se referment. Nadia et Amina sont lessivées, elles qui viennent vacciner sur leurs jours de repos.  

"Les gens nous apportent tellement d'enthousiasme et sont tellement reconnaissants qu’on en oublie la fatigue. Ce qui nous motive c’est vraiment de pouvoir sortir de cette épidémie et de pouvoir revivre normalement… "

D’ici là, les vacations vont s’enchaîner pour Amina, Nadia, et Béatrice, qui clôt sa journée en comptant une à une les doses de vaccins restantes pour le lendemain. 

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