Demain débute l'audience sur la sentence de cette française, mère de famille de 35 ans, incarcérée au Canada depuis 8 mois, pour l'enlèvement de 2 de ses enfants. Elle voulait éloigner Maximilien et Joséphine de leur père, membre de l'Eglise Internationale du Christ. Eglise considérée comme une secte "à tendance apocalytique" en France, selon un rapport parlementaire. Mais légale au Canada. Cette église évangélique est au centre de l'affaire Gettliffe, et pourtant on sait peu de choses sur elle. C'est une église évangélique, créée dans les années 70 aux Etats-Unis à Boston. Kip Mc Kean, fondateur autoritaire et charismatique, veut convertir le monde entier en une génération. Application stricte, primitive même, de la Bible. Sa cible, ce sont les jeunes. Il recrute sur les campus essentiellement. Méthode tellement agressive que le mouvement est exclu de certaines universités nord américaines. C'est une première. Et c'est le cas notamment à Boston, mais aussi à Vancouver, l'église que fréquente depuis 1999 le mari de Nathalie Gettliffe. La française a elle aussi assisté à quelques offices avant de claquer la porte. Herald Dogen est un ancien adepte de cette église. Dominique Carliani de Radio Canada l'a rencontré. Il a quitté l'église à cause de ces pressions (interview). Cela dit, l'église internationale du Christ a eu une progression fulgurante, car très vite c'est devenu un mouvement international. Si le recrutement est agressif, il est surtout efficace. Car après l'Amérique du Nord, l'Europe, La France. Le pasteur Robert Limb dirige une église tout à fait reconnue à Paris. Et il a vu débarquer ces gens, dans les années 90. Il les a d'abord accueillis, en tant que chrétien, puis très vite, il a compris (interview). Comment ça se passait à l'intérieur de ce mouvement ? On a entendu parler d'organisation presque militaire. Une structure très hiérarchisée, pyramidale. Chaque adepte a un formateur, chargé de guider la recrue, sans oublier de récolter les dons réguliers et proportionnel aux salaires. Mathieu Cossu dirige "prevent sect" un site d'information et de prévention sur ces groupes dangereux (interview). Ce mouvement est allé très loin, trop loin. Si bien qu'en 2003, coup de théâtre, l'église de Boston implose. L'un des cadres de l'Eglise s'est repenti ouvertement. Dans un courrier qu'il envoie à tous les membres de l'église "Nous nous sommes empêtrés dans des maux endémiques". Il cite, la corruption des cadres, l'argent, l'arrogance et la hantise des chiffres. Comprenez le nombre de recrues. Le fondateur Kip Mc Kean est limogé. L'église perd dans la foulée des centaines d'adeptes. A Paris, le mouvement se dissout, ne reverra jamais le jour. Il reste implanté en Amérique du Nord, mais sans faire de bruit depuis. Aucun abus n'est signalé à Info Sect, ligne d'information à Montréal. Mike Kropveld (interview). L'église de Boston qui rentre dans le rang, Nathalie Gettliffe n'y croit pas. Ses enfants sont en danger selon elle. Et elle raconte : L'ainé, qui est en difficulté scolaire, raconte que Dieu va l'en sortir. Lui et sa soeur passent leur temps au contact de la communauté, car les activités sont quotidiennes. D'autres voix au Canada lui donnent raison. En expliquant que les proches du fondateur KIP Mc Kean sont restés aux commandes du secteur de Vancouver. Ce qui leur fait dire qu'il n'y a aucune raison, pour eux, que les règles aient changé là bas. Un dossier de Vanessa Descouraux.

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