C'est aujourd'hui que la France envoie sa réponse juridique à la commission européenne qui réclame l'ouverture du monopole de l'Etat français sur les jeux. Et pourtant ce monopole n'en est plus vraiment un. De fait mais illégalement puisque nombres d'opérateurs étrangers en ligne proposent aux joueurs français de miser au poker ou de parier sur des évènements sportifs. C'est le cas d'Unibet, n°2 des paris en ligne, dont le PDG Peter Nylander devrait être présenté à un juge aujourd'hui pour violation des lois protégeant le monopole d'Etat sur les jeux, alors même que Paris doit négocier avec Bruxelles l'ouverture à la concurrence. Cette arrestation est incompréhensible pour Christophe Dhaisne, directeur d'Unibet pour l'Europe de l'ouest (interview). En effet le ministre Eric Woerth va en discuter avec le commissaire européen à la concurrence le 6 novembre prochain. Il a déjà évoqué une ouverture maîtrisée du monopole. Mais qui dit ouverture du monopole, dit concurrents pour le PMU et pour la Française des Jeux. Son porte-parole, Patrick Germain estime d'ailleurs être une victime de la concurrence (interview). L'enjeu des discussions à Bruxelles sera donc de maîtriser, de contrôler des jeux et paris qui aujourd'hui avec Internet sont très difficilement contrôlables justement. Et il y a un véritable engouement pour ces jeux, pour le poker notamment. De plus en plus d'émissions de télé organisent des tournois avec des sportifs connus, des artistes, parmi lesquels Smaïn, qui met en garde contre les dérives des jeux en ligne (interview). Illégal, dangereux et pourtant ces sites Internet se multiplient et poussent à la consommation. Vous avez peut-être déjà reçu un mail vous annonçant avoir gagné 300 euros en jetons de casino à miser bien entendu sur le site Internet qui vous l'envoie. Il suffit en effet d'un clic pour jouer. Fabrice a 25 ans, il joue tous les jours mais avoue qu'il doit se maîtriser (interview). Il est difficile d'évaluer le nombre de joueurs sur Internet mais ce marché est en pleine expansion et n'a bien sûr pas échappé aux Casinos français. Patrick Partouche, président du directoire du groupe Partouche, milite depuis 10 ans pour la libéralisation de ce marché. Il estime pouvoir contrôler les joueurs sur Internet aussi bien que dans ses Casinos (interview). En tous cas, l'indigestion ce n'est pas encore pour demain, la libéralisation légale du marché prendra encore quelque temps. Un dossier de Bruce de Galzain.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.