Les Kanaks diront-ils "Oui" à l'indépendance lors du référendum d'autodétermination du 4 novembre ?

Dès l'arrivée dans la province Nord, les slogans pour l'indépendance fleurissent
Dès l'arrivée dans la province Nord, les slogans pour l'indépendance fleurissent © Radio France / Mathilde Dehimi

"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" Cette question a longuement été discutée entre les différents partis indépendantistes et anti-indépendantistes qui, à l’exception du Parti travailliste, appellent tous à participer au scrutin.

Pour cette date historique, une liste électorale spécifique a été établie avec différents critères favorisant les Calédoniens présents au moins avant les accords de Nouméa de 1998. Une majorité a été inscrite d’office mais cela n’empêche pas les craintes d’une abstention importante notamment chez les jeunes. La moitié de la population calédonienne a moins de trente ans.

Sur les 174 000 électeurs inscrits sur cette liste référendaire (pour 268 000 habitants au recensement de 2014), environ 80 000 personnes sont d’origine kanak et 94 000 de statut de droit commun (dont certains sont kanaks) ce qui fait dire à beaucoup (et aux sondages) que le « oui » à l’indépendance ne peut pas l’emporter. 

Mais la réalité est plus complexe, car beaucoup pointent y compris chez les partisans du « oui » un projet de future Kanaky pas assez fouillé notamment pour assurer les compétences régaliennes de la France (défense, justice, ordre public, monnaie, affaires étrangères). La France transfère aujourd’hui à la Nouvelle-Calédonie 1,3 milliard d’euros. 

Le député Philippe Gomès tient son dernier meeting dans la tribu de Poindah près de Koné devant une vingtaine de personnes.
Le député Philippe Gomès tient son dernier meeting dans la tribu de Poindah près de Koné devant une vingtaine de personnes. © Radio France / Mathilde Dehimi

"On vote pour une histoire de dignité" disent les kanaks

Pour les plus anciens, voter pour choisir l’indépendance est déjà une victoire en soi car à l’époque coloniale, leurs ancêtres n’avaient pas le droit de vote. En cas de victoire du « non », ils mettent en avant la possibilité inscrite dans les accords de Nouméa de revoter deux fois dans les quatre ans si un tiers des membres du Congrès calédonien le demande. Depuis 1986, la Nouvelle-Calédonie est inscrite sur la liste de l’Onu des territoires à décoloniser.

Les partis loyalistes estiment en revanche qu’un deuxième referendum est inutile. Tous les partis politiques se concentrent sur une échéance beaucoup plus proche : les élections provinciales de mai 2019, la majorité qui s’en dégagera aura la main pour redéfinir de nouveaux accords avec la France quelle que soit l’issue du scrutin. Les Calédoniens eux les observent, beaucoup en veulent aux hommes politiques d’avoir confisqué le débat sans construire ensemble une solution pérenne.

La campagne s’est déroulée dans le calme à quelques exceptions près. Des observateurs estiment qu’il y aura peut-être un peu de violences après le scrutin mais rien d’organisé, il n’y a aucun mot d’ordre officiel en ce sens, plutôt des appels à l’apaisement dans les deux camps.

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