Après France 2 et M6, qui ont vainement tenté de surfer sur le succès de « Plus Belle la vie », la série de France 3, c’est au tour de TF1 de lancer son feuilleton quotidien. « Seconde Chance » démarre aujourd’hui. Le feuilleton, c'est le retour d'un genre aussi vieux que la télévision. Et que faut-il pour faire un bon feuilleton ? Des histoires de famille...(Extrait de "Cinq soeurs" sur France 2.) De la violence...(Extrait de "Pas de secret entre nous" sur M6.) Et du sexe bien sûr...(Extrait de "Plus Belle la Vie" sur France 3.) Histoires de famille, violence, sexe, c'est un peu le B. A. BA de la vie, et donc de la télévision - pas seulement en Amérique latine avec les télénovelas, mais aussi en Italie, Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne. Sur la chaîne allemande RTL, il y a 3 feuilletons quotidiens ; tandis qu'en Angleterre, « Coronation Street » est diffusé quotidiennement depuis 48 ans sur ITV. La France était donc une exception, jusqu'au lancement de « Plus Belle la vie ». Le feuilleton qui fait les beaux soirs de la 3 depuis 2004, attirant jusqu'à 6 millions de télespectateurs à 20H20, est arrivé en plein désert. Depuis, son succès a relancé l'intérêt pour le genre mais il n'est pas forcément facile de s'y remettre, explique Philippe Bony, directeur des programmes de M6, qui a connu l'échec du feuilleton "Pas de secrets entre nous" (interview). La même réflexion est en cours du côté de France 2, après l'arrêt en juin de « 5 sœurs ». Et TF1 se lance aussi dans la course. Ce sera un petit peu l'épreuve de vérité. TF1 tourne depuis 9 mois à Bry-sur-Marne les épisodes de « Seconde Chance », dont la diffusion commence ce soir à 17H20. 3000 mètres carrés de plateaux, 30 millions d'euros de budget. A ce niveau là, ce n'est plus de l'art, c'est de l'industrie. Visite avec Sophie Ferrario, l'une des coordinatrices artistiques (interview). (Extrait de « Seconde chance ») Un zeste de « Desperate Housewives », un soupçon d'« Ugly Betty », la série "Seconde chance" pioche habilement dans les succès du genre. Car TF1 joue gros sur ce coup, même si l'échec reste une possibilité. Le nouveau directeur de la fiction de TF1, le québécois André Béraud, y croit (interview). Le voilà LE secret du feuilleton : il rend accro - une qualité extrêmement recherchée alors que l'audience des chaînes historiques s'effrite, grignotée par les petites nouvelles de la TNT. Ce qui nous amène à penser que le retour du feuilleton risque de s'éterniser - autant s'y habituer... Un reportage de Corinne Audouin.

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