l'affaire zeitouni en procès le 27 novembre à paris
l'affaire zeitouni en procès le 27 novembre à paris © reuters

Un procès sensible s'ouvre aujourd'hui devant les assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Un homme comparait pour avoir exposé ses partenaires au virus du Sida alors qu'il se savait séropositif, l'une d'entre elles a d'ailleurs été contaminée. Christophe Morat a déjà été condamné pour des faits identiques en 2005 par la cour d'appel de Colmar, il va donc être jugé jusqu'au jeudi 2 octobre en état de récidive. Sur le banc des parties civiles, il y aura Stéphanie (son prénom a été modifié). Elle n'avait pas encore 18 ans quand elle a appris la véritable histoire du compagnon avec qui elle entretenait une relation stable depuis plusieurs mois : un soir, sur son écran d'ordinateur, elle découvre que Christophe Morat est séropositif et qu'il a déjà été condamné à 6 ans de prison pour avoir contaminé 2 autres jeunes femmes à qui il avait caché sa maladie.

Très rapidement après cette première plainte de Stéphanie, les policiers vont découvrir que Christophe Morat a eu des relations non protégées avec 5 autres femmes qui elles aussi, ignoraient tout de la séropositivité de leur partenaire. Cette situation déclenche d'ailleurs un sentiment réservé des associations qui gèrent la problématique du sida. Bruno Spire, le président d'Aides estime que la pénalisation de tels comportement risque de conduire à des dérives fâcheuses et déresponsabilisantes.

Mais ce procès va soulever un autre questionnement juridique d'importance.Car si Christophe Morat comparait pour avoir "sciemment administré une substance nuisible ayant entrainé une infirmité permanente" à l'égard de Marianne*, il comparait également pour "administration de substance nuisible" pour les autres femmes qui n'ont pourtant pas été contaminées. Une véritable aberration pour Christophe Bass, l'avocat de Christophe Morat.

Sur le banc des parties civiles, l'avocat Eric Morain plaide pour la pleine et entière responsabilité de Christophe Morat. Qu'il ait contaminé ou pas ses partenaires, il a abusé de leur faiblesse et doit en répondre pénalement aujourd'hui, estime-t-il.

Christophe Morat a quatre jours pour expliquer à la cour d'assises des Bouches-du-Rhône son comportement. Le verdict des trois magistrats professionnels et des six jurés sera rendu jeudi soir, l'accusé qui comparait en état de récidive légale, risque jusqu'à trente années de réclusion criminelle.

Suivez le procès en direct sur Twitter avec Jean-Philippe Deniau

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