Certains voient  la Chine comme un futur Eldorado pour la musique
Certains voient la Chine comme un futur Eldorado pour la musique © Reuters / Kim Kyung Hoon

La musique est à l'honneur en Chine où s’ouvre le Festival Sound of the City, un grand marché de la musique sur lequel la France se positionne pour être prêt à vendre ses artistes, dans un pays où le goût pour les festival est en pleine expansion.

Le festival Sound of the City, l’équivalent de notre Midem, le Marché International du disque et de l'édition musicale organisée chaque année à Cannes, est en quelque sorte une petite révolution, puisqu’il y a encore dix ans, le marché chinois de la musique ne représentait rien ou presque, la plupart des disques étant…copiés.

Et quand les Chinois évoquent la France, ils pensent au romantisme français, à ce genre de choses… et ça leur donne envie de découvrir cette culture, notamment via la musique

Entre temps, les Chinois ont découvert les festivals, et se penchent désormais sur le numérique avec une rapidité impressionnante. Et cela change la donne, comme l’explique Zhang Ran, le fondateur du Midem chinois à Pékin : "La Chine est le seul pays dans le monde qui développe si vite autant de festivals. Il y a aujourd’hui une trentaine de festivals en Chine ! Et quand les Chinois évoquent la France, ils pensent au romantisme français, à ce genre de choses… et ça leur donne envie de découvrir cette culture, notamment via la musique. "

On en s’attendait pas à jouer devant autant de monde, sur d’aussi grandes scènes

Ce charme des musiciens français qui semblent opérer sur le public chinois est une réalité, et c’est la raison pour laquelle par exemple l'Institut français favorise l'envoi de musiciens français pour se produire en Chine. C’est le cas du groupe Juveniles, originaire de Rennes, qui seront là-bas pour une tournée de presque un mois. Ils étaient déjà présents l'année dernière. JS, le chanteur, en garde un souvenir inoubliable : "On en s’attendait pas à jouer devant autant de monde, sur d’aussi grandes scènes. Et surtout avec autant de demande de la part du public chinois ! On est quasiment starifiés, c’est assez étonnant. "

Les Français bien placés pour investir le marché chinois

Le marché du disque physique n'existe pas aujourd'hui en Chine et les trois quarts de la distribution de la musique en Chine se fait via internet. C’est à ce titre la perspective d'un accord sur les droit dans le numérique en Chine qui intéresse les artistes et les professionnels français : imaginez une rémunération même minime sur des milliards de milliards de vus ... Cette perspective interpelle Sylvain Delange, chef des vente pour l'Asie du label Believe, une entreprise française spécialisée dans les ventes de musique sur internet, bien décidée à signer des contrats en Chine : "Il n’y a pas d’alternatives aux plates-formes chinoises. Le gouvernement bloque l’accès à YouTube, Spotify, Deezer… Donc il y a un équivalent à toutes ces plates-formes ! Actuellement, les Français sont les mieux placés pour investir le marché chinois et se développer, puisque nous connaissons les problèmes par lesquels ils sont passés ".

Pour venir jouer en Chine, on est obligé de passer par le bureau de la censure, on est très contrôlés. Je me rappelle en 2005 de la chanson "Fuck You" de Tiersen, que nous avons dû changer en… "Love you"

Certains voient donc déjà la Chine comme un futur Eldorado pour la musique française, voire les artistes français, mais il faut sans doute tempérer un peu tout cela. Pierre A. Blanc est promoteur à Pékin depuis plus de dix ans, il connait très bien le monde de la musique en Asie et représente M, Matthieu Chedid, en Chine. Il a même organisé le premier Festival de musiques actuelles à Pekin avec Jean-Louis Brossard, le patron des Transmusicales de Rennes en 2005.Il connait très bien la réalité de la politique culturelle chinoise, particulièrement contrôlée et….parfois changeante : "Pour venir jouer en Chine, on est obligé de passer par le bureau de la censure, on est très contrôlés. Je me rappelle en 2005 de la chanson "Fuck You" de Tiersen, que nous avons dû changer en… "Love you". Nous avons de nombreux groupes chinois qui ont été interdits de concerts en Chine et qui le sont encore… Et beaucoup de groupes français sont blacklistés et ne pourront jamais venir en Chine. Si le gouvernement empêche les lieux de diffusion, comme les salles, de faire leur mêtier, je ne vois pas comment le marché pourra se développer ".

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.