Pour cette première semaine de la décennie 2020/30, nous avons fait le choix de mettre en avant des personnalités inspirantes et qui devraient marquer les dix années qui s'ouvrent. Portrait de Nicolas Lemoine, 42 ans, professeur innovant qui a été l'un des premiers à mettre en place la "classe inversée".

Nicolas Lemoine est passionné de pédagogie. Ses méthodes font de lui un professeur de math qui sort vraiment de l'ordinaire
Nicolas Lemoine est passionné de pédagogie. Ses méthodes font de lui un professeur de math qui sort vraiment de l'ordinaire © Radio France / Sonia Princet

Aujourd'hui Nicolas Lemoine est enseignant, mais aussi formateur et inventeur de nouvelles méthodes pédagogiques autour du jeu et des mathématiques. Dans sa classe de sixième, au collège international de Noisy-le-Grand en Seine St-Denis, le professeur de mathématiques qu'il est fait découvrir aux élèves un logiciel de programmation. 

Les enfants aiment particulièrement les cours de cet enseignant. Marius raconte : "Il est rigolo, il fait des blagues, c'est sympa de venir en cours avec lui". "Il y a des blagues qui sont en rapport avec l'exercice qu'on est en train de faire, ça m'aide à bien mémoriser", ajoute Alès. Les élèves trouvent que le professeur arrive à allier humour et cours : "Il sait gérer, il sait dire 'stop là on travaille'..." complète Ethan. Tous voient un réel changement par rapport aux autres enseignants. 

"Apprendre en ayant passé un bon moment"

Il est vrai que Nicolas Lemoine a d'abord un principe : "Prendre du plaisir, pour moi c'est la base, explique-t-il, c'est à dire que les élèves et l'enseignant prennent du plaisir, qu'on sorte d'une heure de cours en se disant que les élèves ont passé un bon moment, qu'ils ont appris des choses, mais en ayant passé un bon moment". Pour lui, le cours de mathématiques ne doit pas être un cours avec le silence absolu, où l'on ne fait qu'écouter l'enseignant. 

Il est donc en permanence à la recherche des meilleurs outils pédagogiques, des nouveautés en matière d'apprentissage : Nicolas Lemoine observe ce qui se fait ailleurs et l'applique dans ses cours. Il a été l'un des premiers à enseigner en 'classe inversée', c'est-à-dire que les élèves apprennent les notions à la maison et font les exercices en classe. 

Pour enseigner différemment, Nicolas Lemoine voudrait s'inspire de ce qui se fait à l'école primaire pour l'appliquer à ses classes en collège notamment en rapprochant les mathématiques du quotidien et du réel des élèves
Pour enseigner différemment, Nicolas Lemoine voudrait s'inspire de ce qui se fait à l'école primaire pour l'appliquer à ses classes en collège notamment en rapprochant les mathématiques du quotidien et du réel des élèves © Radio France / Sonia Princet

Les "escape game" pour apprendre les mathématiques

Aujourd'hui, Nicolas Lemoine s'est lancé dans un nouveau challenge. Il développe le lien entre mathématiques et jeu et forme ses collègues à ce concept. "Les "escape game" sont de plus en plus en vogue", détaille-t-il : "Il y a aussi les jeux de plateaux classiques qu'on peut un peu détourner. Je dirais que pour apprendre le calcul mental, un bon Monopoly, ça marche toujours bien. Il y a aussi des jeux numériques qui peuvent exister, pour motiver davantage les élèves et les rendre plus autonomes et plus collaboratifs, coopératifs dans leur travail". 

Cette méthode est efficace auprès des élèves, comme en témoigne Diso : "Il a de bonnes méthodes et est très accompagnateur. Quand il nous laisse faire un travail, on peut l'appeler pour lui dire quand on n'y arrive pas et il vient nous voir pour vérifier s'il n'y a pas d'erreur, si on comprend bien". Les élèves se sentent davantage aidés. Diso précise : "Dans mon école auparavant, mon professeur restait à son bureau, il nous disait de faire les exercices et il ne venait jamais nous voir". 

Partir de cas concrets pour les élèves

Nicolas Lemoine réfléchit déjà à d'autres pistes pour enseigner différemment. Il s'inspire de ce qui se fait à l'école primaire et voudrait l'appliquer à ses classes en collège. Il s'agit notamment d'un nouveau dispositif pour rapprocher les mathématiques du quotidien et du réel des élèves, qui s'appelle M@ths en-vie. Il est développé par un enseignant de Haute-Savoie, dans l'académie de Grenoble. "Le principe est d'enseigner à partir de cas concrets pour les élèves parce qu'ils ont envie de résoudre des situations qui les touchent. Mais les situations qui sont proposées dans les manuels sont souvent un peu artificielles. Donc on part de photographies : il y a des maths partout, les plafonds sont carrés, il y a des angles droits sur toutes les portes, toutes les fenêtres. Quand on regarde un magazine, il y a des statistiques, donc il y a des graphiques. L'idée est de partir d'un quotidien d'élèves, et idéalement que eux aussi fabriquent des problèmes et mettent au défi leurs camarades". 

Passionné de pédagogie

L'enseignant a travaillé pendant plusieurs années en éducation prioritaire. Il est depuis un an au collège international de Noisy-le-grand, en Seine-Saint-Denis, où il a été recruté sur profil, c'est à dire sur dossier, en fonction de critères particuliers. Selon le principal du collège Pierre Grand, "Il donne cette dynamique aux élèves dans ses classes, il la partage avec ses collègues enseignants et ça emmène tout le collège !". La candidature de Nicolas Lemoine a été retenue pour ses compétences pédagogiques et numériques. Il est aussi formateur dans l'académie de Créteil. 

Il reconnaît lui-même qu'il est passionné de pédagogie. Le but ultime est d'aider les élèves : "Je n'ai pas envie, dit-il, qu'un élève sorte du cours de maths ou vienne en cours de maths avec la boule au ventre, en disant 'c'est dur, je ne vais pas aimer, je ne vais rien comprendre'. Donc je cherche un peu partout ce qui se fait ailleurs, pour essayer de le mettre en œuvre."

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