Qui sera le prochain chancelier allemand pour succéder à Angela Merkel qui mettra fin, après 16 ans au pouvoir, à sa carrière politique ? Des élections législatives sont prévues le 26 septembre 2021. Ce sera l’un des grands rendez-vous politiques à l’international l’année qui vient.

Friedrich Merz , Norbert Roettgen et Armin Laschet. L'un des trois devrait être le prochain chancelier allemand et succéder à Angela Merkel
Friedrich Merz , Norbert Roettgen et Armin Laschet. L'un des trois devrait être le prochain chancelier allemand et succéder à Angela Merkel © AFP / Markus SCHREIBER

En 2020, la lutte contre la pandémie de coronavirus a pris toute la place. Exit les questions de succession ou presque... puisqu’il a été demandé à Angela Merkel, par certains de ses soutiens, de rempiler pour un cinquième mandat. Extrait d’une interview de la chancelière à la deuxième chaîne allemande, la ZDF, le 4 juin 2020. 

La journaliste : "Serez-vous encore candidate à la chancellerie ?"
Merkel : "Non, non ! Vraiment pas !"
La journaliste insiste. "C'est un non ferme" répond Angela Merkel. 

Le problème avec une dirigeante "teflon" l’un des surnoms d’Angela Merkel, c’est qu’il est difficile de s’en séparer. Les Allemands la plébiscitent. Elle tutoie les sommets dans les sondages de popularité. La crise sanitaire l’a renforcée ainsi que son parti, la CDU.

Un congrès virtuel de la CDU le 16 janvier 2021

Les chrétiens-démocrates se choisiront, le 16 janvier, un nouveau dirigeant. Possible candidat à la chancellerie et donc, vue la position majoritaire du parti conservateur, avec de bonnes chances de devenir le prochain chancelier. 

À la mi-décembre, un débat sur internet, le seul avant le congrès de la mi-janvier, a réuni les trois candidats. Ils viennent tous de la même région à l’Ouest, trois hommes pour succéder à une femme. Faisons les présentations :

Friedrich Merz, avocat d’affaire et ancien député, adversaire déclaré de la chancelière :

"Cette élection sera un tournant profond, une rupture pour l'Allemagne et pour la CDU, car Angela Merkel renoncera à ses fonctions de chancelière après 16 ans"

"Je voudrais prendre la direction de la CDU en cette super année électorale 2021, vraiment avec toute ma motivation et mon énergie. J'ai des idées concrètes, j'ai un plan pour faire avancer ce parti, mais aussi ce pays."

Armin Laschet, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et proche d’Angela Merkel :

"J'ai 59 ans et je suis un chrétien-démocrate passionné depuis l'âge de 18 ans, appartenant à ce parti qui a toujours incarné l'image chrétienne de l'homme. Car c’est cela dont nous avons besoin en ce moment, une politique axée sur des valeurs."

"Je suis européen. Je suis un joueur d'équipe, c'est pourquoi je forme ce ticket avec Jens Spahn (actuel ministre de la santé, personnalité préférée des Allemands en cette fin d'année 2020), nous n'avons pas toujours été d'accord, mais la CDU, c'est la cohésion."

Et l’outsider Norbert Röttgen

Qu'est-ce que j'apporte avec moi pour ce job, comme on l'appelle ? Une éducation décente, de l’expérience dans la victoire comme dans la défaite. 

"Au sein du groupe parlementaire au Bundestag depuis 26 ans à des fonctions diverses, j’apporte mon expérience, j’ai été membre du gouvernement et ministre de l'environnement de 2009 à 2012." 

Les présentations faites, ce débat n’a pas beaucoup animé l’Allemagne. 

"Cette compétition n’est pour le moment pas du tout conflictuelle, explique le professeur Volker Kronenberg de l’Université de Bonn.Chacun fait valoir ses petites nuances. Friedrich Merz met en avant les problèmes du monde. Il se présente comme celui capable de gérer les crises. Norbert Röttgen, c’est le renouvellement, le changement. Et puis vous avez Armin Laschet, lui c’est « on travaille tous ensemble » la continuité de ce qui a été fait par Angela Merkel."

La CDU doit se choisir un leader en ce début d’année 2021, il n’y a plus d’autres solutions après déjà deux reports de ce congrès à cause de l’épidémie de coronavirus. Désormais le temps presse. Neuf mois avant les élections, le parti ne peut plus ignorer la question de la succession d’Angela Merkel. 

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