Deux candidates du Bachelor 2014
Deux candidates du Bachelor 2014 © MaxPPP

Ce soir, Secrets d’Info se penchera sur les coulisses de la téléréalité. Une forme de divertissement qui est née il y a maintenant 15 ans avec l’apparition du Loft sur M6. Ici, la seule réalité, ce sont les conséquences, et des pratiques édifiantes.

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D'abord, brisons un mythe : la téléréalité, ce n’est pas la réalité. C’est juste un programme qui prend prétexte de situations réelles pour raconter des histoires, comme le fait un film. Et comme pour un film, les candidats font l’objet de castings. La production forge ainsi des personnages auxquels on ne peut pas échapper, explique Jérémie Assous, un avocat spécialisé dans ce type d’émissions.

Vous dormez quatre, cinq heures maximum. Il y a énormément d'alcool, c'est pour ça qu'il y a des verres de couleur, pour éviter que les téléspectateurs constatent qu'ils boivent de l'alcool. Vous avez des projecteurs. Vous êtes privé de repères temporels. Très rapidement, vous devenez fou ou vous devenez une autre personne : le personnage qu'on vous a choisi .

Nous avons donc les personnages, reste à trouver l’histoire. Pour cela, des équipes choisissent les images les plus parlantes. Puis un membre de la production va provoquer des situations pour pimenter les séquences que l’on juge trop fades. C’est ce que nous explique cette jeune femme, qui a travaillé sur le Loft et Secret Story (dont nous avons fait dire ses propos par une autre personne pour préserver son anonymat).

Tout est fait pour qu'il se passe quelque chose. Si on sent que c'est très explosif, on va renforcer le côté explosif en créant de la compétition, en montant ceux qui ne s'aiment pas les uns contre les autres... Plus c'est fort en dramaturgie, plus le téléspectateur va aimer.

L'impossible retour à la vraie réalité

Autre constat : les ex-candidats ont pour la plupart des difficultés à retourner à la vie réelle. Dans le cas de la "télé d’enfermement", beaucoup expliquent qu’ils ressentent une forme de paranoïa , parce qu’ils ont été nominés (donc désignés) par leurs camarades, puis exclus par un public avec lequel ils sont à nouveau en contact.

L’après téléréalité est de toute façon une épreuve. Gianni Lorenzo est rédacteur en chef de Public, un magazine people.

C'est assez dangereux parce qu'on joue avec l'ego, la notoriété c'est une drogue dont on a du mal à se passer après. On met des gens à des hauteurs où ils ne sont pas capables de rester.

Et il y a aussi ceux qui avaient un travail et qui risquent de le perdre. C’est le cas d’Annie Paya à Pignan dans l’Hérault. Elle a confié dans "Les reines du Shopping" sur M6 que sous son pantalon, elle ne portait pas de culotte. On pourrait en sourire, sauf qu'elle est animatrice pour enfants dans une école. Et sous la pression de parents d’élèves, la mairie l’a convoquée en novembre dernier pour lui demander de quitter ses fonctions.

On m'a dit : vous ne vous approchez plus des enfants, vous êtes dangereuse et immorale . J'ai reçu des menaces de mort , on a lancé des oeufs, des tomates, de la boue sur la façade de ma maison.

C'est là toute la problématique de la téléréalité : les candidats pensent accéder sans dommage à une célébrité facile, alors que la production cherche à faire le buzz. Quitte à jouer avec les gens comme avec des pions .

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