Ce mercredi 30 janvier, les Vénézueliens sont appelés à descendre dans les rues de Caracas contre le président Nicolas Maduro. Un appel lancé par Juan Guaido, à la tête du Parlement, un lieu au coeur de la lutte. Le Zoom de la rédaction est signé Sacha Coleman avec les moyens techniques de Gilles Brière.

Le Parlement vénézuélien, à Caracas, d'où Juan Guaido, son président, mène la fronde contre Nicolas Maduro
Le Parlement vénézuélien, à Caracas, d'où Juan Guaido, son président, mène la fronde contre Nicolas Maduro © Radio France / Sacha Coleman

Il faut se méfier des jets d’eau, ils invitent facilement à la méditation. Sauf que là, ceux de cette fontaine idyllique se trouvent dans l’endroit qui est devenu le symbole de l’opposition mais aussi le plus tendu du Venezuela : le Parlement.

"C’est l’assemblée première et légitime qui a tous les droits et qui constitutionnellement nous défend, clame Georges, un militant soutenant Juan Guaido, le président de ce parlement qui a osé défier Nicolas Maduro. Toutes les autres institutions ne fonctionnent pas. C’est le peuple qui a élu le parlement. Il n'est pas tombé du ciel, il a été élu par 15 millions de personnes !"

Au Venezuela il y a un président légitime c’est moi !
Juan Guaido, président du Parlement vénézuélien

Ce parlement ultra sécurisé, où chaque pas à l’entrée est encadré par les militaires, est devenu le bastion de Juan Guaido.

C’est d’ailleurs depuis ce bâtiment historique, de style espagnol des années 1800, aux murs blancs et aux arcades rassurantes que Guaido s’est une nouvelle fois exprimé ce mardi 29 janvier pour assoir son pouvoir présidentiel.

"Au Venezuela il y a un président légitime c’est moi ! Les informations parlent d’auto-proclamation, c’est important pour la communauté internationale qui m’entend aujourd’hui de dire qu’il n’y a pas eu d’élections libre en 2018 et que depuis le 10 janvier il y a une usurpation du pouvoir exécutif. Maduro avait un peu de légitimité avant le 10 janvier mais depuis il n’en a plus et cela se termine en apocalypse , avec des assassinats de la torture du vol entre autres choses. Aujourd’hui le gouvernement n’appellera pas à des élections libres parce que nous sommes dans un régime dictatorial."

"Maduro avait un peu de légitimité avant le 10 janvier mais depuis il n’en a plus et cela se termine en apocalypse" Juan Guaido, le 29 janvier 2019
"Maduro avait un peu de légitimité avant le 10 janvier mais depuis il n’en a plus et cela se termine en apocalypse" Juan Guaido, le 29 janvier 2019 © Radio France / Sacha Colement

Le parlement, lieu emblématique d’où Guaido tire sa force, car sont aussi retranchés là les députés, premiers à le soutenir. Et ils ne manquent pas d’arguments comme le démontre Juan Andres, élu de l’opposition : "Les forces principales de Guaido, c’est premièrement la reconnaissance du peuple qui l’accompagne à travers toutes les manifestations à l’intérieur et à l’extérieur du Venezuela. La deuxième force c’est sa légitimité : le parlement a été élu par 14 millions de vénézuéliens ! Et la troisième, c’est la communauté internationale qui avec beaucoup de force nous dit que Guaido ne doit plus être ce président par intérim mais que de nouvelles élections libres doivent être organisées ce qui est le désir de tous les vénézuéliens !

Le 23 janvier 2019, jour de l'anniversaire du coup d'Etat contre la dictature en 1958, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Caracas contre Nicolas Maduro
Le 23 janvier 2019, jour de l'anniversaire du coup d'Etat contre la dictature en 1958, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Caracas contre Nicolas Maduro © AFP / Yuri Cortez

Et pour ceux qui ne serait toujours pas convaincus, Omar Barboza l’ex-président de ce fameux parlement rappelle que c’est ici que sont votées les lois : "_Les chavistes (_auxquels appartient Maduro, NDLR) sont des experts des coups d’états. On est dans un processus démocratique et pacifique qui respecte les lois constitutionnelles du Parlement, et c’est l’unique pouvoir légitime élu que le peuple a en ce moment. Oui Maduro est très fragilisé car il n’a pas le soutien du peuple vénézuélien et il n’a pas la légitimité pour exercer la fonction de président."

L'opposition appelée à manifester une fois de plus ce mercredi

Le parlement c’est donc l’opposition. Attention toutefois à ne pas tout mélanger : la nuance est signée de l’un des rares journalistes vénézuéliens présents au milieu de la masse de reporters étrangers, Raphael Hernandez :  "On ne peut pas généraliser, ce parlement représente le sentiment d’une partie importante du Venezuela mais pas de tout le monde analyse-t-il. Car de l’autre côté, il existe des vénézuéliens qui ne sont pas chavistes mais qui ne sont pas non plus d’accord avec l’opposition. Et puis il y'a enfin les pro chavistes."

Le parlement cœur de l’opposition, c’est indéniable. Mais ce mercredi, cette dernière pourra aussi compter sur la rue qui manifestera un peu partout dans le pays.

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