Pour la première fois de son histoire, l’Islande jouera dimanche soir en quart de finale de l’Euro face à l’équipe de France. Un évènement pour cette île de 330 000 habitants.

Le joueur islandais Aron Gunnarsson après la victoire contre l'Angleterre
Le joueur islandais Aron Gunnarsson après la victoire contre l'Angleterre © Michael Dalder

Au-delà des performances de leur équipe nationale, les Islandais se passionnent pour le football, un sport qui s’est largement développé ces dernières années dans le pays et qui suscite un véritable engouement. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller dans l’un des dix  stades de Reykjavik, un soir de match. Le club de Fylkirt joue en première division. À chaque rencontre, des centaines de supporters viennent encourager leur équipe avec ferveur...

Dans les tribunes, les chants et les cris des enfants se mêlent à ceux de leurs parents. Ici, le football est une affaire de famille. C'est aussi un sens du collectif que l’on retrouve dans le championnat islandais où les joueurs ont presque tous un autre métier à côté. L’Islande ne compte qu’une centaine de professionnels qui évoluent à l’étranger, notamment dans les pays scandinaves mais aussi en Grande Bretagne.

Le football islandais mise beaucoup sur la formation des jeunes

À quelques kilomètres de la capitale, le club de Breidablik, réputé pour son équipe féminine, accueille 1 400 enfants qui s’entraînent toute l’année sur des terrains en plein air ou dans une grande halle couverte. Dadi Ratsson supervise la formation des jeunes à Breidablik.

Les enfants peuvent commencer à s'entraîner dès l'âge de trois ans, une à deux fois par semaine. Ici, si vous voulez devenir footballeur, vous avez tout ce qu'il faut pour progresser. C'est un sport très accessible, qui ne coûte pas cher. C'est une part importante de notre culture.

Au début des années 2000, l’Islande a commencé à développer ses infrastructures sportives. L’État a financé la construction de terrains couverts et chauffés avec des pelouses synthétiques adaptées au climat rugueux. Ces investissements ont révolutionné la pratique du football dans le pays, explique Gunnar Birgisson, l’un des entraîneurs du club de Breidablik.

Ces installations nous ont beaucoup aidé, car chez nous l'été ne dure que deux ou trois mois. Maintenant, nous pouvons jouer au foot durant tout l'hiver. Aujourd'hui, nous avons aussi plus d'entraîneurs professionnels à plein temps.

La Fédération islandaise de football compte aujourd’hui près de 20 000 licenciés, ce qui représente plus de 6% de la population. Et les performances de l’Islande à l’Euro 2016 vont certainement susciter de nouvelles vocations. En attendant, les Islandais rêvent d’un nouvel exploit contre la France. Avec notre équipe, disent-ils, tout est désormais possible.

Reportage de Yann Gallic à Reykjavik, moyens techniques : Alexandre Abergel.

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