Aujourd'hui DIM ou la Sogerma, hier Hewlett-Packard, Danone ou Michelin, difficile de savoir combien de salariés sont concernés par ces plans sociaux. Mais entre 1995 et 2004, il y a eu chaque année près de 800 000 ruptures de CDI. La loi impose un "plan de sauvegarde de l'emploi" dans les entreprises de plus de 50 salariés quand il y a au moins 10 licenciements économiques. Les plans sociaux ne concernent donc qu'une minorité de salariés licenciés. Avec un plan social, le salarié ne touche pas seulement une indemnité. L'entreprise doit aussi lui proposer un reclassement, en interne ou en externe, une formation ou une aide à la création d'entreprise. En 2001, Jean-Paul Lapeyre est pâtissier dans l'usine de biscuits LU de Ris orangis en Essonne quand la fermeture est annoncée. Il est aujourd'hui taxi dans la Beauce. Près de 800 personnes travaillaient dans les usines LU de ris-orangis et de Calais. La direction assure que 84 % de ceux qui ont accepté le plan social ont trouvé une solution, un emploi sur d'autres sites du groupe ou ailleurs, retraites anticipées ou création d'entreprise, chiffre contesté par une soixantaine d'anciens salariés regroupés en association, qui poursuivent les procédures judiciaires contre l'entreprise. Parmi eux Farid Djitli, de la CGT, nous reçoit dans son local d'Evry. Avec Michelin ou Danone, les syndicats ont contesté la légalité des "licenciements boursiers" et se sont donc lancés dans des batailles judiciaires souvent très longues. Est-ce que cela aboutit ? Rarement, et trop tard. Il y a eu l'exemple de Wolbert, à Soissons. La justice a annulé les licenciements, tout en estimant que la réintégration des salariés était impossible puisque l'usine était déjà fermée, mais les procédures judiciaires pèsent dans le rapport de force que les syndicats essaient d'instaurer. Un plan social doit être négocié entre partenaires sociaux. Les représentants des salariés doivent être informés et consultés sur les motifs de la restructuration d'abord, et dans certains cas, ils arrivent à faire baisser le nombre de licenciements prévus. Dans un deuxième temps, les syndicats peuvent tenter d'améliorer le contenu du plan social. Pour Frédéric Bruggeman, un chercheur du syndex, un cabinet d'expert qui travaille pour les comité d'entreprise, les résultats des plans sociaux sont décevants, les mesures sont souvent insuffisantes et surtout, elles sont prises dans l'urgence alors qu'il faudrait un travail de fond pour préparer les salariés au changements Le plan de cohésion sociale a renforcé l'accompagnement des salariés victimes d'un licenciement économique. Depuis l'année dernière, la convention de reclassement personnalisée permet de bénéficier d'aides et de formations, même dans les petites entreprises, pendant un an. Depuis le mois d'avril, un contrat de transition professionnelle est expérimenté sur 7 sites en France. Il permet au salarié de conserver son salaire pendant un an tout en alternant formation, recherche d'emploi ou CDD. Un reportage de Sara Ghibaudo.

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