La France n’expulse pas les mineurs étrangers isolés. Ils seraient 5 000 dans le pays, selon l’association Terre des Hommes. Certains sont placés sous la protection de l’Aide Sociale à l’Enfance, qui leur garantit un lit et 10 euros par jour. D’autres disparaissent de ces institutions. Plusieurs ont tenté la traversée depuis le Maghreb ou sont arrivés d’Afghanistan après 9 mois de route. Sous les ponts, ici à Paris, des jeunes disent avoir 15/16 ans. Quand un mineur étranger de 15 ans est signalé, l’Aide sociale à l’enfance l’envoie à l’hopital pour un examen de l’âge osseux. La radiographie du poignet donne une vague idée de son âge réel puisque la marge d’erreur est de 18 mois. Tout jeune garçon qui prétend être mineur (faute d’une déclaration d’état civil incontestable) risque d’être contredit par l’examen du poignet et privé de la protection due aux mineurs. Cette pratique qui replace les ados dans la rue ou entre les mains des passeurs est condamnée par le Comité d’éthique et par le Comité de suivi de la Convention internationale des droits de l’enfant. Un immeuble réquisitionné cet hiver abrite de jeunes afghans près de la gare de l’Est (reportage). Dans son dernier rapport sur les jeunes mineurs étrangers isolés, l’IGAS (L'inspection générale des affaires sociales) a recommandé l’attribution d’une carte de séjour provisoire d’un an renouvelable pour ces jeunes clandestins de 15 ans, à condition qu’ils s’engagent à aller à l’école et à rester sur le sol français. L’Association Terre des Hommes a, quant à elle, appelé l’Union Européenne à créer un statut des mineurs non accompagnés et un fichier pour faciliter leur suivi et leur prise en charge. ____Un reportage signé Philippe Reltien.

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