Un reportage signé Carine Bécard Le Front National a changé de visage. Marine Le Pen préside aujourd'hui le parti de son père. Nouvelles méthodes. Stratégie revue et corrigée. En deux mois, le FN s'est réinstallé au coeur du débat politique. Est-il devenu un parti comme les autres? Pas encore. Mais Marine Le Pen y travaille. Elle s'y active, c'est vrai. Mais concrètement, comment fait-on -comment fait-elle- pour changer l'image de son parti ? Première chose : Marine Le Pen a proposé de nouveaux noms, aux élections cantonales. Certes, il y a eu cette polémique -lancée par l'UMP- sur des candidats "fantômes". Mais pour la plupart, ces nouveaux candidats sont en réalité de nouveaux adhérents au Front National -les adhésions ont augmenté de 58% depuis la campagne de Marine Le Pen pour la présidence du parti-. Donc, ces "nouveaux" adhérents ont permis de régénérer le vivier politique, un vivier, de "non-professionnels". Petit détour dans la Marne avec Pascal Erre, le secrétaire départemental. Interview de Pascal Erre Deuxième chose : changer le nom du parti -et le logo- peut aider aussi, à changer l'image du Front National. Marine Le Pen y travaille, discrètement, pour l'instant. Elle a aussi d'autres priorités. Mais dimanche dernier, elle a déjà appelé à constituer un "pôle de rassemblement". Interview de Marine Le Pen - Le contenu, justement : Marine Le Pen s'est entourée d'une nouvelle génération, qui planche sur ce que doit être son nouveau discours. Exactement ! Et avec un think tank, un club d'experts, un quasi-Gouvernement, la présidente du Front National n'est vraiment pas toute seule. Edouard Ferrand, qui fait partie des instances dirigeantes du FN, est là pour repérer des intellectuels prêts à travailler pour Marine Le Pen. Interview d'Edouard Ferrand Sacrée reprise en main du Front National par la benjamine des Le Pen. En 2012, ce parti, totalement restructuré, pourrait-il exercer le pouvoir ? Scénario impossible pour Jean-Yves Camus, spécialiste des partis d'extrême droite. Interview de Jean-Yves Camus Marine Le Pen veut changer le regard porté sur le Front National, faire cesser "l'ostracisme" dont il est l'objet. Mais la révolution n'a pas encore sonné. La "préférence nationale" reste un point "non négociable" de son programme, et les plus radicaux du parti ne sont pas poussés vers la sortie.

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