Demain, les avocats feront à nouveau grève pour demander une revalorisation de l'aide juridictionnelle. L'aide juridictionnelle c'est l'enveloppe de l'état qui permet de payer la défense des plus démunis quand ils ont affaire à la justice. Le problème est récurrent. Les avocats demandent une augmentation de leur indemnité. Le système de l'aide juridictionnelle montre à nouveau ses limites alors qu'il concerne de plus en plus de personnes. Un peu moins d'un million de personnes son concernées. 880 000 justiciables en 2005, ont eut droit à cette aide. Elle est soit entièrement prise en charge par l'état soit partiellement réglée – ça dépend du plafond de ressources. Par exemple pour une famille avec deux enfants, en dessous de 1169 euros, l'aide juridictionnelle est totale. Au-dessus et jusqu'à presque 1600 euros, elle devient partielle. Au-delà, elle ne s'applique pas. Et ça concerne quel type d'affaires ? Il y a les commis d'offices en comparution immédiate, mais surtout il y a les affaires familliales et plus particulièrement les divorces. C'est un système d'aide qui n'est pas si vieux. La version moderne à été bâtie il y a juste 15 ans, mais on a déjà atteint la limite financière. C'est la revendication des avocats. CLAIRE BIELAKOFF a monté son cabinet il y a presque un an à Montreuil. La moitié de son chiffre d'affaire vient de l'aide juridictionnelle. Difficile dans ces conditions de faire tourner la boutique (interview). C'est un vieux problème qui revient à la surface. Il y a 6 ans, les avocats avaient déjà fait une grève dure sur le même constat. Ils avaient obtenu de l'argent, mais le système n'avait pas été réformé. Depuis, le nombre de bénéficiaires a fortement augmenté. Le problème revient sur la table. Et il n'est pas uniquement financier dit PAUL BOUCHET, ancien avocat, ancien président d'ATD quart monde, auteur d'un rapport de référence en 2001, qui proposait une réforme de fond (interview). En attendant, est-ce-que l'état ne peut pas augmenter tout simplement le budget de l'aide juridictionnelle ? C'est ce qu'il va faire de manière limitée. Le ministère de la justice augmente les indemnités de 6% pour l'an prochain, mais il refuse de répondre aux 15% demandés par les avocats. Bilan, les avocats continuent d'éponger, et les classes moyennes continuent de transpirer pour payer leur défenseur. MARIELLE THUAUD réveille donc l'idée d'associer les assurances. Elle est chef du service de l'accès au droit au ministère de la justice (interview). Sur ce sujet, le ministre de la justice s'engage à faire passer un texte à partir de janvier. Il promet à la même date des assises de l'aide juridictionnelle. En 2002, un texte de loi avait déjà été présenté, sous la gauche, mais il s'était perdu dans la campagne présidentielle. Un dossier d’Etienne Monin, spécialiste des questions police-justice à France Inter.

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