Un reportage signé Ilana Moryoussef, correspondante de France Inter à Moscou, en Russie Depuis 2000, il y a eu 19 assassinats de journalistes et aucun n’a été élucidé. L’agression, il y a trois semaines, du journaliste Oleg Kashin, a suscité un émoi sans précédent dans le pays. Et pour une fois, les autorités russes ne sont pas restées silencieuses. Depuis trois semaines, Evguénia Milova passe ses journées à l’hôpital, auprès de son mari. Oleg Kashin récupère lentement de ses blessures. Son épouse a accepté de quitter la chambre pour venir nous parler devant l’entrée de l’hôpital. Comme son mari, Evguenia Milova est journaliste pour le quotidien Kommersant. Elle explique qu’en Russie, le danger fait partie du métier de journaliste. Interview d'Evguénia Milova - Oleg Kachine a été amputé d’un doigt, mais d’une certaine façon, on peut dire qu’il a eu de la chance ? Il a eu de la chance, oui, car les secours sont arrivés très vite et le propriétaire du journal, un oligarque, a dépêché son chirurgien personnel pour s’occuper de lui. Mikhaïl Beketov, lui, n’a pas eu cette chance. D’abord, il travaille pour un journal local de la banlieue de Moscou. Après son agression, il y a deux ans, il a passé plusieurs mois dans le coma. Il a été amputé d’une jambe et de plusieurs doigts. Il a perdu l’usage de la parole. C’est sa grande amie de toujours, la journaliste Liudmila Fedossova, qui s’exprime pour lui. Nous sommes installées à côté de lui. De temps en temps, il bouge une main pour approuver ou désapprouver. Interview de Liudmila Fedossova Les agresseurs n’ont pas été arrêtés et à l’époque, les autorités n’avaient pas réagi. En revanche, après l’agression d’Oleg Kashin, le 6 novembre, le Président Medvedev en personne s’est exprimé. Intervention du Président Medvedev - Une déclaration de ce type, ça n’est jamais arrivé en Russie. Est-ce que ça veut dire que les choses changent ? Tout le monde en effet s’est demandé pourquoi le Président se donnait la peine de réagir. Selon le journaliste Alexander Artiomov, c’est une affaire de politique intérieure. Interview d'Alexander Artimov Je précise qu’au mois de mai dernier, Artiomov a été interpellé pour avoir participé à une manifestation interdite. Au poste, les policiers lui ont cassé le bras. Et en le jetant dehors, ils lui ont dit que cela devait lui servir d’avertissement pour l’avenir. Personne n’a été sanctionné.

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