Le sommet du G20 s'ouvre aujourd'hui à Buenos Aires en Argentine. Le rencontre des chefs des plus grandes puissances mondiales va se dérouler dans un pays ravagé économiquement.

Faculté des sciences de Buenos Aires contre les coupes budgétaires liées à la crise en Argentine.
Faculté des sciences de Buenos Aires contre les coupes budgétaires liées à la crise en Argentine. © Radio France / Vanessa Descouraux

L’Argentine vit sa plus grave crise économique depuis 2001. Le souvenir de cette année-là fait cauchemarder les habitants de la troisième puissance économique d’Amérique Latine. Pour éviter la fuite des capitaux, les banques avaient fermé, les retraits d’argent étaient limités au strict minimum. Des quartiers avaient été pillés, la répression avait été sanglante.  

L’Argentine de 2018 n’en est pas là, mais les maux sont les mêmes : monnaie nationale dévaluée (le peso a perdu la moitié de sa valeur en 5 mois seulement), une inflation galopante (45 % attendue d’ici la fin de l’année). La récession s’est installée.  

L’emploi se raréfie 

Sur le front de l’emploi, les perspectives sont désespérantes. Selon un cabinet d'études argentin, 48 % des entreprises envisagent de licencier du personnel d’ici la fin de l’année, elles étaient moins de 20 % au début de l’année. Dans la vie quotidienne, cette instabilité se remarque sur les cartes des restaurants. Les prix sont affichés sur des autocollants, pour pouvoir les changer au plus vite tant les tarifs sont volatiles.  Autre signe visible : le nombre incalculable de boutiques fermées à Buenos Aires.  

Boutique fraîchement fermée dans le quartier populaire de Villa Crespo.
Boutique fraîchement fermée dans le quartier populaire de Villa Crespo. © Radio France / Vanessa Descouraux

Un prêt du FMI de 56 milliards de dollars 

Le président libéral Mauricio Macri, élu en 2015, a signé un prêt avec le FMI d’un montant de 56 milliards de dollars pour tenter de stabiliser l’économie. L’hémorragie semble contenue. Mais les contreparties sociales sont lourdes pour les argentins, les coupes budgétaires drastiques. Les subventions sur l’électricité et le gaz ont été par exemple supprimées. L’impact sur le pouvoir d’achat a été immédiat : les factures ont doublé et parfois triplé.  

Le G20 devait être une vitrine pour le président Macri. En 2016, quand la décision a été prise d’organiser le G20 à Buenos Aires, il voulait en faire une tribune en faveur de la vitalité de sa politique.  Deux ans plus tard, l’objectif est revu à la baisse. Il s’agit seulement de ne pas manquer le rendez-vous et d'éviter que des manifestations n’émaillent son rendez-vous avec les autres leaders des nations mondiales.

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