Jusqu'à un quart des passages aux urgences peuvent concerner les personnes âgées. Comment éviter ces heures sur un brancard, ces hospitalisation inutiles qui fragilisent le patient et engorgent les services ? Grâce aux réseaux de soins que constituent les infirmiers libéraux qui se déplacent à domicile. Reportage.

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Image d'illustration © Getty / Sturti

Les journées de Gilles Chollet commencent tôt et finissent tard. Cet infirmier libéral de 45 ans, formé aux urgences, sillonne le secteur de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne). Dans sa voiture, le téléphone est toujours branché, en lien avec l'hôpital Est Francilien, les quelques médecins qui restent ainsi que les pharmaciens. 

Ce jour-là, il rend se rend au domicile de Paul, 75 ans. Déshydraté, celui-ci a besoin de se faire poser une perfusion. "J'ai des gants, des compresses, de la bétadine, des conteneurs à aiguilles... Tout comme à l'hôpital !", détaille l'infirmier.  Son intervention évitera à Paul de retourner à l'hôpital. Plutôt que de se retrouver sur un brancard dans un service d'urgences débordé, Paul est bien mieux chez lui, souligne Gilles Chollet. 

"Quand on peut maintenir les patients âgés à domicile dans un espace parfaitement sécurisé, c’est profitable pour tout le monde". 

Nous arrivons ensuite chez Paulette, sur la commune de Serris. À 86 ans, elle vit seule dans son petit appartement et prend beaucoup de médicaments, avec des risques importants de mauvais usage. "Une fois par semaine, on prépare le pilulier, ça permet aussi de voir comment va Madame", explique l'infirmier. Paulette, elle, se dit rassurée par ces visites : "L'hôpital ? Surtout pas! J'y ai été assez souvent comme ça".

Gens du voyage 

Les urgences, c'est aussi le lieu où se rendent les gens du voyage, qui n'ont pas de médecin. À Montévrain, un espace accueille une trentaine de caravanes, la plupart des résidents sont installés depuis des années. Catherine a 72 ans. Quand ça ne va pas, raconte-t-elle, les pompiers l'emmènent à l'hôpital. C'était le cas la veille, alors qu'elle étouffait. 

"La plupart du temps ça se termine aux urgences, parce que le suivi est très compliqué à organiser en ville. Les urgences, c’est la porte qui est ouverte du matin au soir 24h sur 24h, et qui a toujours de la place pour les recevoir", déclare Gilles Cholet. Son travail limite néanmoins le nombre de passages aux urgences. "Plus on arrive à gérer, plus on arrive à retarder, mieux c’est!"

Sans ce lien infirmier, les hôpitaux seraient encore plus surchargés. La Seine-et-Marne connaît une intense désertification médicale. Le département est à la 97e place du classement pour le nombre de médecins par habitant.

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