Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, reçoit aujourd'hui une vingtaine d'associations sur le thème « les jeunes et la police ». Une rencontre décidée au lendemain des affrontements à Bagnolet, en Seine-St-Denis. C’était il y a trois semaines, après la mort d'un jeune à moto, poursuivi par des policiers. Le calme est revenu dans cette cité du Malassi. On le sait maintenant, c'était un accident, pas une bavure, mais les relations entre les jeunes et la police restent très fragiles, comme dans beaucoup d'autres quartiers sensibles. Livio a 21 ans. Boucle d'oreille discrète, il était à la sortie du centre commercial (interview). « On est stigmatisé, caricaturé, exclu. » Discours bien rôdé dans les banlieues. Pourtant, pas question d'être traités en victimes : certains ont même des idées bien précises pour sortir du cercle. Mohammed est étudiant. Il a 24 ans et une certaine distance (interview). Les policiers ne sont pas contre une formation. « Pourquoi pas », c'est la réponse en tous cas du syndicat Unité police. Mais en réalité, pour que les policiers puissent entrer dans les cités sans cette impression d'entrer en terrain ennemi, il faudrait déjà commencer, selon Michel Marek, délégué dans le 93, par stopper net la politique du chiffre (interview). Le dialogue, une solution, pas la seule on s'en doute. Dans tous les cas, il va falloir agir vite prévient encore le syndicat, sinon ce sera trop tard et c'est peut-être déjà le cas dans certains quartiers. Police et jeunes semblent au moins d'accord sur une chose : leurs relations s'empirent, reflet d'une situation générale explosive. Le maire de Bagnolet, Marc Everbecq, régulièrement sur le terrain, dresse un constat plutôt pessimiste (interview). Et conclusions du maire de Bagnolet : nous, élus et acteurs de terrain, on ne peut pas répondre à toutes ces demandes. Il va falloir une politique et là aussi, il y a urgence. _____Un reportage d’Hélène Roussel.

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