Le zoom de la rédaction s'intéresse ce matin aux conditions dans lesquelles les musulmans prient, à Paris et dans toute la France, parfois dans la rue, faute de place dans des mosquées de plus en plus chargées.

Cet été, le ministre de l'Intérieur a été clair: il n'y aura plus de prières de rues d'ici la fin du mois de septembre. Comment cet ultimatum est-il ressenti dans la communauté musulmane?

Pour le savoir nous prenons la direction du XVIIIe arrondissement de Paris, dans le quartier de la Goutte d'Or.

C'est l'heure de la prière et en quelques minutes, des centaines de musulmans investissent la rue Myhra : rapidement, la mosquée déborde, elle ne peut contenir que 1500 personnes, alors que chaque semaine, ils sont entre deux et trois fois plus nombreux à se présenter à l'entrée. Une situation intenable pour les fidèles.

Mosquée de Paris
Mosquée de Paris © Radio France / Daderot, Wikimedia

Les salles de prières et les mosquées qui débordent, c'est un constat classique. Mais cette fois, les choses changent. Un décret pourrait chasser les musulmans des rues, le 16 septembre ; alors que peuvent-ils faire?

Il y a plusieurs solutions : d'abord le projet de rénovation des deux instituts des cultures de l'Islam, installés à quelques rues de là. Au total plus de 2000 m² qui seront prêts dans deux ans. D'ici là, la préfecture a trouvé une solution d'urgence : des ateliers abandonnés appartenant à la caserne de pompiers du Boulevard Ney, un peu plus au nord, sont actuellement en travaux. Seulement voilà, le recteur de la mosquée Myrha, le Cheikh Salah Hamza, ne croit pas à un déménagement avant la fin du mois.

La situation semble bien mal engagée, que compte faire la préfecture?

D'abord négocier : le 8 septembre se tiendra une réunion en présence de toutes les parties, auxquelles vont se joindre des représentants de la Grande Mosquée de Paris. Son recteur, Dalil Boubakeur, joue le rôle de médiateur et même s'il croit au projet, il ne quitte pas de l'œil les revendications de la communauté musulmane.

Car des projets de mosquées, il y en a : plus d'une centaine en France pour le moment, qui avancent plus ou moins bien selon la bienveillance des municipalités. C'est ce qu'a pu constater Baddre Eddine Bentaïb dans son tour de France des lieux de culte. Il est le fondateur du site internet "Trouve ta mosquée", et selon lui, décret ou pas, l'islam des rues, n'en a plus pour longtemps.

Le poids des jeunes sera donc un facteur incontournable dans les projets des années à venir. D'après une étude réalisée par l'IFOP, seuls 7% des jeunes d'origine musulmane déclaraient aller à la prière toutes les semaines. C'était il y a vingt ans. Aujourd'hui ils sont 23%.

Paul Chaufour

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