Le candidat à la présidentielle américaine doit prononcer ce mercredi soir un discours sur l'immigration, pierre angulaire de sa campagne, qui a attiré bon nombre de soutiens.

Donald Trump lors d'un meeting dans le New Hampshire, le 13 juin 2016
Donald Trump lors d'un meeting dans le New Hampshire, le 13 juin 2016 © Reuters / Brian Snyder

Qu'est-ce qui rassemble les électeurs de Donald Trump ? Pour bien s'en rendre compte, direction le New Hampshire, là où tout a commencé d’une certaine manière, là où Donald Trump a remporté sa première victoire électorale dans les primaires. D’abord bien sur un violent sentiment anti-Hillary Clinton.

Dès que son nom est prononcé, vous entendez ces cris en prison, en prison, et ça plusieurs fois par meetings et vous voyez même un tee-shirt invitant à lui infliger le supplice de la baignoire réservé aux criminels de Guantanamo. Et puis, l’autre socle c’est la volonté d’une extrême fermeté sur la question de l’immigration. Ce que dit Nancy résume le sentiment général du peuple de Trump :

"Dans notre pays, il y a déjà eu des époques où nous avons dû fermer nos frontières. Nous devons protéger nos enfants, nos citoyens. Nous n'aimons pas le crime, et comme le dit Donald Trump, cela ne fait pas de nous des racistes. (...) Je ne veux pas vivre là où des gens se font couper des têtes ou violer".

Gagner de nouveaux électeurs

Ces discours doivent faire réfléchir Donald Trump quand il parle d'adoucir son discours. Evidemment, il ne faut qu’il touche ni au mur, ni au principe d’expulsion des clandestins. Mais en même temps, il faut qu’il gagne de nouveaux électeurs, plus modérés. Dans ce meeting, nous n'avons croisé que des partisans de la première heure, et même s’ils sont minoritaires, certains doutent ouvertement de la possibilité qu’il soit élu.

C’est cela qui est frappant, trois mois après qu’il a remporté largement les primaires, Donald Trump n’a pas unifié les républicains derrière lui. Et dans le New Hampshire, comme ailleurs, il y a des candidats qui se préparent aux autres scrutins de novembre, ceux du Congrès, essentiels également, en risquant le grand écart. C'est le cas de Michael Collins, l'un des prétendants au Congrès :

"Si Trump est élu je travaillerai pour lui au congrès. Mais s'il arrive avec des idées folles, je saurai m'opposer à lui. J'essaie de travailler avec les deux côtés, je parle avec des gens qui sont pour Trump et aussi avec des Républicains qui ont des réserves. Je pense que personne ne peut le raisonner. C'est un phénomène avec lequel nous devons composer".

Message d'alerte

Les deux tiers de cet électorat blanc qui vote Trump se dit intéressé par l’idée d’un troisième parti anti-immigration, fondé sur le respect des valeurs chrétiennes, et la priorité à l’emploi pour les américains. C’est le résultat d’une étude que publie ces jours-ci Justin Gest, chercheur à la Mason University. Pour lui, ces électeurs envoient un message d’alerte. Ce chercheur ajoute la notion d’Amerique Blanche est un mythe, mais que ce sentiment de peur est réel.

Bien sûr, il fait le parallèle avec tout ce qui se passe en Europe. D’ailleurs, le modèle revendiqué de Donald Trump, c’est le britannique Nigel Farage. L’homme du Brexit est régulièrement à ses côtés sur les estrades.

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