Dans moins d’un mois, le 24 septembre, les Allemands sont appelés aux urnes pour renouveler le Bundestag, le Parlement Fédéral.

L'une des affiches de la campagne Merkel
L'une des affiches de la campagne Merkel © Laurence Chaperon/CDU

S’il on en croit les sondages – qui lui donnent 15 à 20 points d’avance – les électeurs semblent vouloir privilégier la stabilité. C’est d’ailleurs sur ce thème qu’Angela Merkel fait campagne, avec son slogan "Pour une Allemagne où il fait bon vivre". La Chancelière a pour elle son bilan économique – un taux de chômage au plus bas – et sa stature internationale.

Pour Bettina et son mari Christian, aucun doute : ils voteront CDU le 24 septembre. : "Nous voyageons beaucoup, et partout où nous allons dans le monde, on ne parle que d’Angela Merkel. C’est LA dirigeante qui compte. Il n’y a pas beaucoup de pays qui se portent aussi bien que l’Allemagne aujourd’hui. Et pour que ça dure, nous avons besoin d’une nation forte et d’une économie solide".

Rien, ni l’usure du pouvoir, ni même la crise des réfugiés n’ont réussi à entamer durablement la popularité de la Chancelière. Au contraire, l’actualité récente : le Brexit, l’élection de Donald Trump , semble l’avoir renforcée. Angela Merkel termine son troisième mandat avec 60% d’opinions favorables.

Les anti-Merkel tentent de donner de la voix

Avant-hier. Angela Merkel était sifflée par quelques dizaines de militants d’extrême-droite venus perturber son meeting en ex-Allemagne de l’Est, dans la petite ville de Brandenburg an der Havel "Je tiens à saluer ce soir ceux qui sont venus ici non pas pour crier ou pour protester mais pour entendre nos propositions… Merci à vous et bienvenue !" (sifflets)

Un terrain difficile pour la Chancelière. C’est dans ces régions rurales de l’Est que l’AfD, le parti d’extrême-droite, recueille le plus de suffrages. Helmut est retraité. Et comme tout le monde dans son entourage, dit-il, il ne se ‘reconnait plus’ dans la politique menée à Berlin : "CDU, SPD, c’est tous les mêmes, il y a plus de différence. J’ai plein de choses à demander à la Chancelière : pourquoi tous les étrangers qui arrivent ont des logements l’hiver alors qu’on laisse de côté nos propres sans-abris ? J’espère que l’AfD va faire 20%. C’est le seul parti qui puisse changer les choses".

Pour l’instant l’AfD est créditée de 10% des voix. Assez pour entrer au Bundestag, mais pas pour peser sur la politique des quatre prochaines années.

Martin Schulz, celui qui cherche à incarner le changement

Le candidat du SPD, ancien président du parlement européen, a fait une entrée tonitruante sur la scène politique allemande en début d’année, mais depuis sa campagne patine, les sondages sont en berne. Le candidat, malgré tout, veut croire en ses chances, il laboure le terrain sans relâche… et martèle son thème de prédilection : la justice sociale : "L’Allemagne va bien, c’est vrai… Mais tout le monde n’en profite pas équitablement ! Le 24 septembre, vous avez le choix, entre une Chancelière qui esquive tous les débats sur l’avenir du pays, et quelqu’un qui dit clairement les choses. Il est grand temps de nous préoccuper de la prochaine génération : pour faire en sorte qu’elle ait le même niveau de vie et les mêmes droits sociaux que ma génération !".

La stratégie du candidat Schulz suffira-t-elle à rassembler au-delà de son camp ? Même les électeurs du SPD, comme Christine, n’en sont pas convaincus : "Il est différent d’Angela Merkel. Elle incarne la continuité, et c’est pour cela qu’à mon avis elle va gagner, parce que les gens ont peur de l’avenir et du monde qui les entoure. Martin Schulz apporte un vent nouveau, mais ça ne suffira pas. Les Allemands préfèreront la sécurité au changement".

Pour déjouer les pronostics, Martin Schulz espère convaincre les indécis, qui n’ont jamais été si nombreux depuis 20 ans : près d’un électeur sur 2 n’a pas fait son choix. A moins qu’une affaire de dernière minute ne vienne rattraper la Chancelière. Angela Merkel est accusée d’employer des personnels de la Chancellerie pour les besoins de sa campagne. Elle a dû s’expliquer publiquement ces derniers jours, et le SPD en appelle à la justice.

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