Pour cette première semaine de la décennie 2020/30, France Inter présente des personnalités inspirantes, bien parties pour marquer les dix prochaines années dans le domaine du sport, de l'éducation ou de l'énergie. Ce matin, la designer Sandra Rey, qui parie sur la bioluminescence pour éclairer les villes.

Comme certaines espèces de méduses, 80% des animaux marins sont luminescents
Comme certaines espèces de méduses, 80% des animaux marins sont luminescents © Getty / VW Pics / Contributeur

L' idée lumineuse de Sandra Rey ne lui est pas venue en regardant des lucioles la nuit, mais une vidéo des abysses sous-marines. Elle planche alors sur son projet de fin d'études en design et il doit impérativement avoir un lien avec la biotechnologie. Les créatures capables de générer de la lumière seules l'intriguent : son crédo devient "la mer qui nous éclaire". 

Aujourd'hui, après six ans de recherche, elle a fondé son entreprise de biotechnologie environnementale, la start up Glowee, qui conçoit des bioréacteurs pour bactéries bioluminescentes, ces organismes capables de produire naturellement de la lumière, "comme les vers luisants ou 80% des animaux marins" explique-t-elle : "Ces bactéries font une réaction naturelle de production de photons. L'enjeu est d'avoir les meilleures bactéries possibles et les plus performantes, ensuite concevoir le milieu nutritif et créer un système, une coque, qui va permettre à ses bactéries de vivre et produire leur lumière".

Ce bioréacteur fonctionne pour l'instant en intérieur et lui a permis de développer une expérience relaxante pour hôtels et spas : confortablement installé dans un fauteuil, avec musique douce et atmosphère apaisante, on se trouve face à un arbre, dont le tronc génère une lumière bleutée : "C'est une structure en bois au milieu duquel on trouve ce tronc bioluminescent, on s'allonge un peu comme sous un arbre dans un jardin au crépuscule, l'idée c'est de contempler cette lumière."

"Les yeux vont s'adapter progressivement au noir, on va découvrir des détails du décor, c'est de la lumière vivante, biologique. L'idée c'est que les gens ressortent de là en se disant qu'il y a d'autre manière de consommer et que la nature peut nous apporter beaucoup de chose".

"Intégrer la bioluminescence dans la ville"

À la tête d'une équipe de 12 personnes, Sandra Rey a levé 3, 2 millions d'euros avec sa start up, puisque 800 donneurs particuliers ont accepté d'entrer dans l'aventure, séduits par la rupture du concept et l'ambition du projet, éclairer la ville grâce à des bactéries bioluminescentes : "L'objectif, c'est d'intégrer la bioluminescence dans la ville, comme une solution alternative, pour de la mise en valeur, pour des souterrains, là où il y a  les plus grosses consommations et le plus gros impact en terme de pollution visuelle et lumineuse".

"Aujourd'hui, il faut replacer la nature au coeur de la ville, et la bioluminescence fait partie de cette démarche"

Sandra Rey vient de signer un premier contrat avec la ville de Rambouillet pour du mobilier urbain : signalétique, identification de bornes de recharge , bancs éclairés, façades mises en valeur.... Des domaines où tout reste encore à inventer.

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