Dans les gares, les jardins publics, les bibliothèques, les cafés ou chez soi, le WIFI se développe partout en France. Cette technique permet de surfer sur Internet sans fil. Elle séduit les particuliers mais aussi les municipalités, de plus en plus nombreuses à mettre des accès gratuits dans les lieux publics. Mais comme le téléphone portable, le WIFI suscite des inquiétudes, notamment à cause d'une affaire récente dans quelques bibliothèques de Paris. L'affaire remonte à la fin du mois de novembre. Suite au vote d'un moratoire. Le WIFI est débranché provisoirement dans quatre bibliothèques. Les bornes avaient été mises en place au cours de l'été. Mais quelques semaines après leur installation, des employés ont commencé à se plaindre de symptômes - notamment Madeleine, qui a préféré garder l'anonymat (interview). Au total, une cinquantaine d'employés ont ressenti de façon plus au moins forte ce type de symptômes. Certains ont même fait valoir leur droit de retrait - c'est-à-dire qu'ils ont arrêté de travailler estimant qu'ils étaient confrontés à un danger grave pour leur vie ou leur santé. La ville de Paris a fait faire des relevés dans ces 4 bibliothèques pour déceler si, effectivement, les ondes électro-magnétiques émises par les routeurs WIFI placés dans ces bibliothèques étaient la cause de ces symptômes. Et la réponse est négative. Les niveaux mesurés sont 1100 à 3800 fois inférieurs à la limite autorisée. Des résultats qui n'ont pas surpris Jean-Yves Merindol, conseiller auprès du maire de Paris, qui penche plutôt pour un malaise social (interview). Ces salariés ne sont pas pour autant les seuls à avoir ressenti ce genre de symptômes. Sur des forums Internet, il y a beaucoup de témoignages de personnes se plaignant de maux de tête, de malaises. Des habitants d'un village dans la Drôme ont même porté plainte contre X suite à l'installation d'une antenne relais WIFI qui aurait provoqué le même genre de symptômes. Alors dangereux ou pas ? Le problème avec le WIFI c'est qu'il est utilisé depuis trop peu de temps pour qu'une étude épidémiologique fiable ait pu être effectuée. En France, la seule étude qui existe a été réalisée l'année dernière. Elle consistait à mesurer l'exposition des individus aux radio fréquences, telles que le téléphone portable, le micro ondes, les antennes relais ou le wifi. Le professeur Jean-François Viel a dirigé cette étude (interview). Aucun doute en revanche pour Michèle Rivasi, la présidente du CRIREM, le Centre de Recherche et d'Informations indépendantes sur les Rayonnements Electro-Magnétiques. Pour elle, le WIFI est nocif car sa fréquence est la même que celle d'un micro-onde (interview). A l'étranger, l'Internet sans fil inquiète également. L'Allemagne a par exemple décidé de retirer le WIFI dans l'ensemble de ses écoles, au nom du principe de précaution. Une enquête signée Hélène Chevalier.

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