Après avoir été, pendant 46 ans, l’un des pays les plus fermé au monde dirigé d’une main de fer par le dictateur Enver Hoxha, aujourd’hui l’Albanie s’ouvre au tourisme.

De nombreux hôtels aux normes internationales vont ouvrir leurs portes dans les prochaines années.
De nombreux hôtels aux normes internationales vont ouvrir leurs portes dans les prochaines années. © Radio France / Philippe Lefèbvre

Dans les rues de Tirana, la capitale, on trouve encore, 28 ans après la chute de la dictature, des traces de cette effroyable période, à l’image de cette gigantesque pyramide à l’abandon qui était jadis un musée à la gloire d’Enver Hoxha. Aujourd’hui les habitants de Tirana s’interrogent sur ce que deviendra ce bâtiment. Mais il est très probable qu’il soit transformé en… centre commercial.

Le musée des feuilles ancien quartier général de la police politique.
Le musée des feuilles ancien quartier général de la police politique. © Radio France / Philippe Lefèbvre

Non loin de là, on trouve aussi le "Musée des feuilles", entièrement consacré au moyens utilisés par la "sigurimi", la police politique, et installé dans un vieil immeuble de briques rouges qui fut le quartier général des écoutes téléphoniques (tout le monde était écouté, des micros avaient même été placé dans la résidence du dictateur pour espionner ses employés), mais aussi un lieu où se tenaient les interrogatoires et où les opposants pouvaient être torturés voir assassinés.

Le musée des feuilles, ancien quartier général des écoutes téléphoniques de la police politique.
Le musée des feuilles, ancien quartier général des écoutes téléphoniques de la police politique. © Radio France / Philippe Lefèbvre

Pour Albana, guide pour les touristes français, le lieu reste impressionnant : c'est ici que son grand père, avocat, fut lui-même détenu. Pourtant, explique t-elle, un tel musée est important car il permet de ne pas oublier ce qu’a été la vie des Albanais durant 46 ans. À l’intérieur vous pourrez y voir tout le matériel qui était utilisé par les espions de la "sigurimi", et tester le système d’écoute dans une pièce d’apparence ordinaire ou ont été caché des micros : vous entendrez exactement ce qu’entendaient les agents de la police politique.

Toutefois il y a un risque de voir, dans l’avenir, ce tragique passé se transformer en parc d’attraction pour touristes en mal de sensations fortes à l’image du Bunk’Art 2 , ancien bunker destiné à protéger le dictateur en cas d’attaque nucléaire (Enver Hoxha n’y est jamais venu), et aujourd’hui lieu hybride à la fois musée et galerie d’exposition.

Le tourisme priorité nationale

Mais si l’Albanie ne tourne pas la page de son douloureux passé, elle se projette dans l’avenir. Et pour le gouvernement albanais, cet avenir passera par le tourisme. Il est vrai que le pays ne manque pas d’atouts : 465 kilomètres de côtes sur l’Adriatique face à l’Italie, de vastes plages, une gastronomie savoureuse, des sites historiques classés au patrimoine mondial de l’Unesco, une offre importante dans le secteur du tourisme médical (essentiellement pour tout ce qui touche aux soins dentaires), sans oublier des hôtels de luxe mais très bon marché qui, comme le "Grand Blue Fafa" dans la station balnéaire de Durrës, propose des chambres 5 étoiles à moins de 85 euros la nuit.

Ce tourisme balnéaire et culturel plutôt bon marché permettra sans doute à l’Albanie de se faire une place dans le monde du tourisme des Balkans, et de sérieusement concurrencer dans les prochaines années la Croatie voisine qui, elle, connait des difficultés liées au sur-tourisme. 

Toutefois l’Albanie ne devrait pas rester très longtemps une destination low cost, car les compagnies aériennes se battent déjà pour pouvoir poser leurs avions sur l’aéroport international Mère Teresa et les groupes hôteliers internationaux comme Accor observent de très près les performances du pays. Le groupe Français devrait d’ailleurs très prochainement ouvrir un Sofitel, fleuron du groupe, à Tirana.

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