À la veille du Sidaction, zoom sur la Guyane, département français le plus touché par le sida avec 1% de sa population séropositive. Le nombre de contaminations annuelles y est neuf fois plus élevé que la moyenne nationale. Principale zone touchée : l’ouest de la Guyane.

L'équipe de Aides arrive en pirogue
L'équipe de Aides arrive en pirogue © Radio France/Philippe Randé

Imaginez un fleuve le Maroni en plein cœur de la forêt amazonienne. A gauche le Surinam, à droite la Guyane. Au milieu de cette eau marron bouillonnante, Philippe Randé a suivi des membres de l’association Aides dans les kampoe, les villages les plus reculés où ils se rendent en pirogue .

Une fois arrivée dans ce petit village guyanais coupé du monde, au milieu des chemins de terre et des cabanes en bois, on découvre Amossou en train de laver sa vaisselle dans le fleuve. Au bout de quelques secondes Amoussou rejoint Jacqueline dans la tente qui fait office de centre de prévention.

Des tests rapides comme celui-là, en deux heures, l’association en a réalisé onze.

On retrouveJacqueline avec Amossou qui a son enveloppe avec les résultats à la main.

En 2015, sur 450 tests réalisés sur le fleuve Maroni, trois se sont révélés positifs.

Un peu plus loin légèrement en retrait Leydel, 30 ans, observe Amossou avec méfiance

Et Leydel d’ajouter:

Je vais souvent dans les camps d’orpailleurs où travaillent les prostitués brésiliennes et dominicaines, mais mon médecin traditionnel m’a donné cette corde, ici autour de ma taille, qui me protège du sida.

L'association Aides s'installe dans un kampoe
L'association Aides s'installe dans un kampoe © Radio France/Philippe Randé

Il y a énormément de stigmatisation autour du VIH

Du coup les gens hésitent à se faire dépister en Guyane. Un tiers des 200 nouvelles personnes diagnostiquées l’année dernière étaient au stade d’immunodépression avancée.

C’est le cas d’Anna, 31 ans, qui a mis deux ans avant d’oser prendre ses antis rétroviraux.

Finalement hospitalisée, à bout de force, un médecin a convaincu Anna de prendre son traitement. Aujourd’hui comme 95% des séropositifs guyanais elle est devenue indétectable.

Comment se soigner si on n'a pas de Sécurité sociale ?

Mais certains séropositifs arrêtent leur traitement à cause des ruptures de droit, car de nombreux guyanais originaires des villages isolés n’ont pas d’état civil. Christelle Delage , médecin à saint Laurent du Maroni les connaît bien.

Rajoutez à cela les brésiliens ou les Surinamais séropositifs de l’autre côté du fleuve qui attendent un titre de séjour. Sur les 600 patients suivis à l’hôpital de l’ouest guyanais, un quart a été perdu de vue. Autant de personnes à nouveau contaminantes.

Tente de prévention
Tente de prévention © Radio France/Philippe Randé
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.