On est à une semaine du début des discussions sur la réforme de l'assurance – chômage. Il faut réduire un déficit cumulé de 13 milliards d'euros. Quel sera le système adopté pour les intermittents du spectacle ? Le secteur de la culture est équivalent en emplois à celui de l'automobile, et concerne 300 000 personnes. Actuellement ce régime des intermittents est fondé sur un protocole signé en 2003 - un protocole qui concerne plus de 100 000 intermittents. Un fond transitoire abondé par l'état a pris en charge ceux qui ne correspondaient plus aux critères de ce protocole. C'est un système bancal qu'il faut réfomer. Les partenaires sociaux ont depuis quelques jours entre les mains le rapport de Jean-Paul Guillot pour réfléchir. Pour une majorité des intermittents indemnisés, le tiers voire la moitié de leurs revenus ne provient pas de leurs salaires mais de leurs indemnités, ce qui a profité aux employeurs autant qu'aux intermittents, comme si l'UNEDIC était un employeur bis. Pour certains, changer de système, c'est carrément tirer le rideau - ce qu'a révélé la crise suscitée par le protocole signé en juin 2003 par le MEDEF et la CFDT. Depuis la tendance est de dire "faisons le ménage". Et les intermittents estiment que ce rapport Guillot va dans le sens d'une politique déjà en cours... Interview de Baptiste Bessette. ...Baptiste Bessette évoque les petites compagnies ou maisons de production. Il y a 25 000 structures de productions dont 90 % ont moins de 10 salariés. Jean-Paul Guillot leur propose en fait d'essayer de mutualiser le recours à tous ces métiers périphériques au projet artistique... Interview de Jean-Paul Guillot. ...C'est un effort demandé aux intermittents. Mais Jean-Paul Guillot demande aussi aux collectivités territoriales de régulariser leurs situations, et aux employeurs en général de moins recourir à l'intermittence. On a déjà vu l'effet pervers de cette tendance : recours à la sous traitance, ça ne fait que déplacer le problème. Pour y remédier, il est proposé d'avoir un suivi des missions tout au long de la chaîne des employeurs sur un même projet ou par exemple de taxer différemment les contrats courts et les contrats longs. Alors que vont faire les partenaires sociaux? C'est toute la question. Il est vrai que l'UNEDIC c'est en soi un enjeu immense. Les enjeux vont au-delà de la question des intermittents pour les syndicats et le patronnat. Tous sont d'accord sur l'idée de réduire le déficit : 952 millions d'euros en 2004, c'est de l'ordre de 20% du déficit général et la CFDT, qui à l'époque avait signé, pose aujourd'hui des conditions - notamment le maintien du fonds transitoire de l'état pour continuer à financer l'emploi culturel. C'est ce que dit Danielle Rived de la CFDT... Interview de Danielle Rived ...Les intermittents eux savent que les budgets de la culture ne sont pas extensibles. Ils sont pris en otage des dérives du système, c'est leur seul chance de travailler. L'avènement d'une grande caisse de financement de l'emploi culturel n'est pas pour demain. Un dossier de Christine Siméone, journaliste au service culture de France Inter.

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