Les casques bleus fêtent leurs 50 ans. L'ONU créait sa première force d’interposition en novembre 1956. En 2006, jamais autant de soldats de la paix n'ont été déployés dans le monde. Ils seront bientôt près de 100.000, dans 18 pays, du Liban à Haïti, du Soudan au Timor. Critiquées pour leurs nombreux échecs, notamment au Rwanda ou en Bosnie, ou pour leur impuissance chronique, les Nations Unies tentent aujourd'hui d'améliorer la crédibilité de ces soldats de la paix. Petit retour en arrière pour commencer. Nous sommes le 1er juin 1995 à Vannes, aux obsèques de 2 casques bleus français tués dans les Balkans. Le tout nouveau chef de l'Etat, Jacques Chirac déclare : (extrait). Une image hante Jacques Chirac, celle de ces 370 soldats de la paix prisonniers des Serbes de Bosnie, attachés à des poteaux, humiliés. François Crémieux était à l'époque casque bleu à Bihac en Bosnie. Il se souvient des faiblesses de l'ONU (interview). L'ONU a depuis pris conscience de ses carences, mais sans vraiment les résoudre. Voilà comment, le 15 juillet dernier au Liban, 21 civils ont été tués par un hélicoptère israélien après le refus des casques bleus de leur donner asile dans leurs camps. En fait, pour être efficace, il faut déjà que les militaires puissent utiliser la force si nécessaire et surtout, qu'ils sachent jusqu'où ils peuvent aller. C'est ce qu'on appelle les règles d'engagements. Pour des missions aussi sensibles diplomatiquement que le Liban c'est primordial. Une cellule stratégique spéciale a donc été créée à New-York pour élaborer ces régles d'engagements, afin que chaque lieutenant, chaque colonel sache quoi faire en fonctions de tel ou tel cas. Le général François Estrate est le directeur adjoint de cette cellule qui anticipe les problèmes (extrait). Est-ce que les soldats sont bien préparés à cela ? Et bien pas forcément. Aujourd'hui dans le monde, les casques bleus sont essentiellement Pakistanais, Bangladais, Indiens, Népalais ou Ghanéen. Ils ne sont pas toujours bien entraînés et surtout souvent mal équipés. C'est le principal problème auquel doit faire face à New-York, Jean-Marie Guéhénno, le patron des opérations de maintien de la paix des Nations Unies (interview). Et puis entre la théorie des règles d'engagements et la peur des casques bleus sur le terrain, il y a parfois un monde. Exemple : il y a 15 jours, au Liban, des militaires espagnols ont rebroussé chemin sur les ordres de militants du Hezbollah, alors que normalement ils ont toute liberté de circulation. Et puis, si on reste au Liban, on peut se demander ce que feraient les chars Leclerc français si les blindés israéliens franchissaient à nouveau la frontière ? Théoriquement, ils auraient le droit d'ouvrir le feu. Concrètement, reconnaissent de hauts gradés, ils les regarderaient passer. Un dossier de Stéphane Fort, spécialiste des questions de défense à France Inter.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.