Alexandrie
Alexandrie © CC Hossam el-Hamalawy

Près de 6.000 familles syriennes, réfugiées en Egypte, ont tenté de rejoindre l'Europe par bateau depuis cet été. C’est notamment d’Alexandrie que partent les syriens qui tentent la traversée

C’est depuis la plage El Max qu’est parti Mohamed. L’endroit est répugnant, nauséabond. Le 10 octobre, vers 22h, Mohamed part avec un groupe de trente personnes, rejoindre une embarcation.

Ce technicien internet de 27 ans raconte qu’il y a en tout cinq groupes qui passent par là. L’endroit est pourtant tout sauf discret. A gauche, un restaurant, toujours fréquenté. Et à droite, surtout, un baraquement qui abrite des militaires.

"L’immigration illégale peut se faire sans se cacher", accuse Mohamed

Mohamed, le rescapé du naufrage de son bateau

Lorsque Mohamed prend la mer, après deux heures de navigation, les cinq embarcations se regroupent autour d’un gros bateau de pêche. Il a coule sous le poids des 150 personnes qui montent à bord. Il y a eu 15 victimes. Mohamed a un gilet de sauvetage. Il rejoint la côté, seul. Ses quatre frères et sœurs sont repérés par des pêcheurs qui les conduisent à la police. Et depuis ils sont détenus dans un commissariat d’Alexandrie.

Vanessa Descouraux a pu discuter avec eux par téléphone. Ils racontent que n’ayant plus de passeport, perdu dans le naufrage, ils risquent d’être expulsés vers la Syrie. Abdel est le chef de cette famille. Il porte la culpabilité d’un père qui a incité ses enfants à prendre ce risque.

Peut être qu’ils seront arrêtés peut-être qu’ils seront arrêtés j’ai envoyé mes enfants sur ce bateau pour pouvoir profiter du regroupement familial plus tard. Peut-être qu’on a fait le mauvais choix.

Un haut gradé égyptien explique que les syriens ne sont pas arrêtés, ils sont là le temps de régulariser leur situation, contrairement à ce qu’affirment des ONG internationales des droits de l’Homme. Le policier explique aussi que quatre passeurs ont été arrêtés.

Un business fleurissant à Alexandrie

L'industrie de l’immigration illégale et ses combines, Rida Shafiq les connaît bien. Elle gère une association qui vient en aide à ses compatriotes syriens.

Rida Shafiq

On prend contact avec les passeurs depuis la syrie

Rida explique que les bateaux des passeurs qui font payer 3500 dollars par personne ne sont jamais arrêtés. C’est plus aléatoire pour ceux qui demandent 3000 dollars. La différence, se demande-t-elle, serait certainement celle du bakchich à payer…

Mais malgré toutes ces informations entendues, Madelin, une syrienne d’origine palestinienne n’est absolument pas découragée de tenter le voyage.

Madelin

On doit encore réunir 6.000 dollars

Si les syriens réfugiés veulent quitter l’Egypte, c’est aussi parce que la situation s’est dégradée pour eux. Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime ils sont accusés d’être des pro Frères Musulmans.

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