Quatre-vingts secondes pour partager avec vous une conversation d’enfants.

YouTube s'est lancé dans une intense campagne de lobbying qui s’appuie notamment sur les YouTubeurs et leurs audiences de masse
YouTube s'est lancé dans une intense campagne de lobbying qui s’appuie notamment sur les YouTubeurs et leurs audiences de masse © Getty / Tetra Images

Ils sont quatre à table, 9, 11 et 12 ans. En termes de décibels, on est dans la limite supérieure de ce qu’un adulte peut encaisser mais bon, c’est l’âge des enfants rois et notre surmoi éducatif réactionnaire est encore tenu en laisse courte.

Soudain, la plus âgée, douze ans lance un cri : « ils vont fermer Internet ! ». Stupeur et effroi autour de la table, les plus jeunes sont tétanisés. 

Mais oui, c’est l’article 13, on ne pourra plus chanter une chanson, s’il y a une marque sur ton t-shirt ce sera interdit, tu ne pourras même pas avoir une canette de coca, C’EST LA FIN DE YOUTUBE ! 

Les Youtubeurs étant les rois de l’époque, les enfants les vénérant, on imagine leur consternation, que dis-je : le drame.

Le fameux article est donc le 13e de la nouvelle directive « droits d’auteur », en cours de finalisation à Bruxelles après le feu vert du Parlement européen. Le sujet est effroyablement technique et polémique, mais YouTube le simplifie dans une intense campagne de lobbying qui s’appuie notamment sur les YouTubeurs et leurs audiences de masse. Sur les enfants, l’efficacité est radicale et voilà que les parents se trouvent sommés de signer des pétitions, certains entendaient le mot pour la première fois.

J’ai promis de tenir mon surmoi éducatif réactionnaire en laisse courte donc je vous épargne une conclusion partielle ce matin. Je pense cependant que le mot « vieuxconnisation » doit entrer d’urgence dans le dictionnaire.

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